Voiture électrique : où en est-on ?

Si la voiture électrique vous tente, voici ce qu’il est utile de savoir avant d’acheter.

 

 

Combien coûte une voiture électrique ? 

Parmi la vingtaine de modèles 100 % électriques actuellement sur le marché au Québec, la moitié ont un prix de base de moins de 45 000 dollars, la voiture la moins chère étant l’e-Golf de Volkswagen, à 38 000 dollars, selon Roulons électrique, la campagne que coordonne Équiterre avec Transition énergétique Québec. Du côté des hybrides rechargeables, les prix des 22 modèles sur le marché vont de 32 300 dollars (prix de base) pour l’IONIQ électrique plus de Hyundai jusqu’à 150 650 dollars pour l’i8 Coupé de BMW. Au total, huit modèles hybrides ont un prix de base de moins de 45 000 dollars. Chez Tesla, la voiture la plus abordable est la Model 3 (55 000 dollars).

Les VUS 100 % électriques de taille intermédiaire à prix abordable, c’est pour quand ?

Leur arrivée, « c’est ce qui va accélérer l’adoption des véhicules électriques », dit Hugo Jeanson, copropriétaire de Bourgeois Chevrolet à Rawdon, le champion canadien de la vente de voitures électriques. Dans la catégorie abordable, il n’y a pour l’instant que le Kona de Hyundai, qui est un petit VUS (prix de base : 45 000 dollars). Mercedes annonce un modèle 100 % électrique de taille intermédiaire pour 2021. Toyota et Subaru collaborent pour en créer un, mais aucune date n’a été avancée. Il existe quelques VUS hybrides de taille intermédiaire, mais ils n’entrent pas dans la catégorie abordable.

Quels sont les rabais ?

Combinées, les mesures incitatives provinciales et fédérales peuvent s’élever à 13 000 dollars. Le programme Roulez vert du gouvernement du Québec offre jusqu’à 8 000 dollars de rabais pour une voiture électrique neuve, si son prix est inférieur à 60 000 dollars. Pour les hybrides rechargeables, c’est selon la capacité de la batterie : subvention maximale pour une batterie de 15 kWh et plus, la moitié pour une batterie de 4 à 15 kWh. Le fédéral offre jusqu’à 5 000 dollars aux mêmes conditions. Le provincial rembourse aussi 4 000 dollars pour des voitures d’occasion électriques (les modèles hybrides rechargeables sont exclus).

Comment obtient-on les rabais à l’achat ?

« La très grande majorité des consommateurs profitent du rabais directement chez leur concessionnaire », explique Bernard Lamonde, directeur général adjoint des opérations et de l’innovation de Transition énergétique Québec, l’agence qui accorde les rabais. Si on préfère faire la demande en ligne, la somme est versée dans un délai d’environ cinq semaines.

Quelle autonomie offre une voiture électrique ?

Depuis 2019, les manufacturiers de voitures électriques ont relevé le « défi des 400 km », en référence au seuil d’autonomie acceptable pour l’automobiliste moyen. Ces modèles, dits de deuxième génération, ont donc de 350 à 400 km d’autonomie. Mais attention : cette autonomie varie selon les saisons, la météo et la conduite. D’après l’Association américaine des automobilistes (AAA), elle diminue de 40 % en hiver (sur la base d’une température de –8 °C), la batterie étant sollicitée pour le chauffage, et de 17 % en été, lorsque la climatisation est en marche. « Quand on conduit un véhicule électrique, on devient extrêmement conscient de l’utilisation de l’énergie », affirme Corinne Tastayre, professeure de biologie au collège Brébeuf, qui parcourt 35 000 km par an avec sa Nissan LEAF PLUS. « Le vent réduit l’autonomie et une conduite brusque dépense plus d’énergie. »

À quelle fréquence faut-il recharger la batterie ?

Considérant que l’autonomie des véhicules de deuxième génération est de 400 km, il n’est plus nécessaire de recharger la batterie tous les soirs si, par exemple, on vit en ville et que la voiture sert à se rendre au travail, à faire quelques courses et à conduire les enfants à leurs cours de natation. « Si on roule 50 km par jour, on recharge une voiture de deuxième génération une fois par semaine », dit Simon-Pierre Rioux, président fondateur de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ). En banlieue, il est probable que l’on parcoure plus de kilomètres par jour pour les mêmes activités, mais les automobilistes disposent souvent d’une borne à la maison.

Est-ce possible de recharger sa voiture à la maison ? 

Il faut faire installer une borne de recharge. Les modèles domestiques sont de type N2, à 240 volts. Une heure de recharge permet 40 km d’autonomie. Si la batterie est complètement à plat, il faut compter jusqu’à huit heures pour une recharge à bloc. La borne coûte environ 1 600 dollars (installation comprise), mais Transition énergétique Québec offre un remboursement de 600 dollars.

Quels sont les types de bornes publiques ?

La plupart des modèles actuels sont de type N2, mais on voit apparaître de plus en plus de bornes de recharge rapide, dites N3, à 400 volts. Presque tous les modèles de véhicules 100 % électriques de 2019 et de 2020 peuvent se brancher sur ces bornes rapides, qui rechargent la voiture en seulement une heure.

Où se trouvent les bornes ?

Au Québec, il y a deux grands réseaux de bornes de recharge publiques. Le Circuit électrique, géré par Hydro-Québec, compte 2 300 bornes, dont 276 rapides, sur rue ou dans des stationnements de commerces tels Metro ou Rona, et le long des autoroutes. On peut les localiser grâce à l’appli Circuit électrique. Le réseau FLO, quant à lui, compte 1 100 bornes accessibles au public, qui se trouvent elles aussi sur rue, le long des autoroutes et dans des stationnements de commerces et de centres d’achat. Il y a également 5 350 bornes FLO dans des stationnements d’entreprises (pour les employés) et de tours d’habitation.

Il existe d’autres réseaux privés plus petits. Petro-Canada a installé une soixantaine de stations de recharge rapide FLO qui sont réparties dans ses stations-services partout au pays (sept au Québec). Tesla, pour sa part, a mis en place au Québec 13 stations de recharge rapide comprenant chacune plusieurs bornes, notamment dans des stationnements d’hôtels, de restaurants et de centres d’achat, et dont l’usage est réservé aux propriétaires de ses véhicules. Tesla offre aussi de nombreuses stations de recharge standards un peu partout dans la province.

Combien coûte une recharge ?

Hydro-Québec estime que le coût pour rouler 20 000 km par année s’élève à 450 dollars pour une voiture électrique, contre 2 100 dollars pour une voiture à essence.

Les tarifs des bornes publiques (Circuit électrique et réseau FLO confondus) sont uniformes au Québec. Pour les bornes de recharge N2, de 240 V, on peut choisir le tarif forfaitaire de 2,50 dollars, peu importe la durée de la recharge, ou le tarif horaire (1 dollar l’heure). Avec la recharge rapide (les bornes N3, de 400 V), l’autonomie maximale est obtenue en une heure, et le tarif est de 11,50 dollars l’heure.

Dans le cas des bornes privées du réseau FLO, c’est le propriétaire de la borne qui détermine le prix de recharge pour ses employés ou ses locataires (de 1 à 2 dollars l’heure pour les bornes standards, et de 10 à 20 dollars pour les bornes rapides). L’argent versé est partagé entre l’exploitant de la borne et Hydro-Québec, qui fournit le courant.

Comment paie-t-on à la borne ?

Aux bornes du Circuit électrique et du réseau FLO, on paie avec la carte prépayée qu’on doit demander sur le site lecircuitelectrique.com. Pourquoi pas la carte de crédit ? « Les transactions sont tellement petites, 2,50 dollars en moyenne, que les frais fixes et frais à la transaction deviennent disproportionnés », explique France Lampron, directrice de l’électrification des transports à Hydro-Québec.

Les bornes sont-elles aussi efficaces en hiver qu’en été ?

Les bornes du Circuit électrique et du réseau FLO sont produites par une entreprise québécoise, AddÉnergie, réputée pour sa fiabilité. « Nos bornes de recharge sont fabriquées au Canada et conçues pour faire face aux rigueurs du climat », dit Louis Tremblay, président de l’entreprise.

Y a-t-il assez de bornes publiques dans les villes ?

Les Québécois disposent du plus vaste réseau de bornes publiques sur le continent, et Montréal est la championne parmi les grandes villes. Mais les habitants des quartiers densément peuplés doivent parfois chercher les bornes de recharge sur rue et attendre leur tour. « La Ville de Montréal a l’intention d’en installer plus », dit France Lampron, qui envisage également la mise en place de parcs de recharge rapide similaires aux stations de Tesla.

Simon-Pierre Rioux, de l’AVEQ, tempère : « On apprend à savoir où sont les bornes. Pour les véhicules de deuxième génération, qu’on recharge moins souvent, le défi de trouver une borne disponible est moins grand. »

Peut-on partir en vacances en voiture électrique ?

On trouve des bornes aux quatre coins du Québec, que ce soit à Chibougamau, à la frontière du Labrador ou à la Baie-James. Hydro-Québec installe 160 bornes de recharge rapide par année et compte en offrir 1 600 d’ici 2030. Pour ce qui est des bornes standards de type N2, le Circuit électrique en ajoute 300 par année, « mais on pourrait accélérer leur mise en place », dit France Lampron, d’Hydro-Québec.

Et si on voyage à l’extérieur du Québec ?

L’offre est inégale en ce qui concerne le nombre, mais aussi la répartition à l’intérieur d’une province ou d’un État. En Ontario, par exemple, 1 200 stations offrent au total 3 200 bornes. Au Nouveau-Brunswick, on dénombre 67 stations et moins de 300 bornes. Aux États-Unis, 65 000 bornes sont réparties dans 22 000 stations.

Plusieurs applis — PlugShare, Google Maps, Open Charge Map, ChargeHub — permettent de les repérer. Et si on ne trouve pas, l’économie de partage vient à notre secours. En plus de répertorier les bornes publiques, le réseau d’entraide PlugShare permet aux propriétaires de véhicules électriques de se dépanner à la maison d’un autre membre.

Combien coûte l’entretien d’un véhicule électrique ? 

Le gouvernement du Québec estime les coûts d’entretien d’une voiture électrique à un quart de ce qu’il en coûte pour une voiture à essence. Parmi les raisons : un moteur électrique compte une vingtaine de pièces, alors qu’un moteur à essence ou au diésel en compte de 1 000 à 2 000. Le moteur électrique n’exige pas de système de refroidissement ou d’alternateur. Il n’y a pas non plus de changement d’huile à faire.

Tous les modèles sont-ils en stock ?

Les listes d’attente ne sont pas réservées au système de santé ! Certains acheteurs doivent patienter de 6 à 12 mois avant de recevoir leur voiture. « Depuis 2018, la norme véhicules zéro émission exige qu’environ 4 % des voitures vendues au Québec soient électriques, mais certains manufacturiers semblent injecter le minimum requis par la loi dans le marché », dit Simon-Pierre Rioux. Selon lui, le fait que les véhicules électriques nécessitent peu d’entretien ne serait pas non plus de nature à motiver certains concessionnaires. « Lorsqu’on magasinait une voiture électrique, un vendeur nous a même affirmé qu’elles allaient disparaître du marché bientôt ! » dit Annabelle Caron, enseignante aux adultes, qui vit à Carignan, près de Montréal, et qui a acheté sa première auto électrique, une Chevrolet Bolt, en novembre 2019.

Peut-on louer un véhicule électrique ?

Pour une location à court terme, c’est difficile. Dans les quelques centres de location qui offrent ce type de véhicules, l’attente peut être très longue. À Montréal, la boutique en ligne EV.market propose des Model 3 de Tesla et des Soul de Kia. Il est également possible de louer une voiture électrique d’un particulier par l’intermédiaire de la plateforme d’autopartage Turo, partout au Québec.

Peut-on faire un essai routier ?

La chose est assez rare, car la majorité des concessionnaires n’ont aucun véhicule électrique en réserve. L’AVEQ a constitué un réseau de 800 membres bénévoles qui prêtent leur véhicule pour un essai. Il suffit de s’inscrire sur le site Web, d’indiquer le modèle qui nous intéresse ainsi que notre région, et l’AVEQ s’occupe du jumelage.

 

 

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