Vous ne faites pas la sieste au bureau ? Vous devriez être viré !

La croyance que les employés ne devraient pas être autorisés à dormir au travail est un tabou dépassé. Il s’agit d’un vestige de l’époque où la valeur d’un employé dépendait uniquement du résultat de son travail manuel.

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Il n’y a pas si longtemps, lorsque notre économie était dominée par l’agriculture et la fabrication, la valeur d’un employé se mesurait à sa production. S’il se relâchait quelques minutes et ne plaçait pas un parechoc sur une voiture assez rapidement, il devenait improductif. Et s’il dormait au travail, il volait du temps à son employeur et risquait d’être licencié.

Aujourd’hui, cependant, nous vivons dans ce qui est en grande partie une économie du savoir, dans laquelle la valeur d’un employé est fondée sur ses extrants, pour parler en termes comptables, et non sur ses intrants. Cela signifie que sa performance est davantage axée sur les résultats finaux et moins sur les heures chronométrées.

Dans l’économie du savoir, nous voulons que les employés soient vigilants, pas seulement actifs, et engagés, pas seulement présents. Nous voulons que leur production soit de la meilleure qualité possible.

Dormir au travail peut aider à rendre cet objectif possible.

Une épidémie d’épuisement

Selon le National Safety Council, près de 70 % des employés américains sont fatigués au travail.

On estime que ce niveau de fatigue coûte 410 milliards de dollars américains par année en dépenses sociales. Comme je le dis dans mon dernier livre, Boost : The Science of Recharging Yourself in an Age of Unrelenting Demands, les adultes en bonne santé ont besoin d’entre sept et neuf heures de sommeil par nuit, mais bon nombre d’entre nous sont loin d’atteindre cet idéal dans les bras de Morphée.

Trente-cinq pour cent de la population dort moins de sept heures chaque nuit. De 1985 à 2012, le pourcentage d’adultes américains qui dormaient moins de six heures par nuit a augmenté de plus de 30 %. Et, par rapport à il y a 60 ans, les gens dorment une heure et demie à deux heures de moins chaque nuit.

La somnolence qui s’ensuit entraîne des dangers potentiels, tant au travail qu’à l’extérieur. Par exemple, environ un conducteur sur 25 déclare s’être endormi au volant au cours des 30 derniers jours !

Le problème est si grave que les Centers for Disease Control and Prevention, aux États-Unis, considèrent le manque de sommeil comme une épidémie de santé publique.

Des espaces pour faire la sieste au travail

Ce niveau de fatigue s’explique en partie par le fait que la frontière entre le travail et la maison s’estompe. Quatre-vingt-quinze pour cent des Américains possèdent maintenant un téléphone cellulaire et 77 % un téléphone intelligent.

En raison de l’omniprésence des technologies de communication, les employés peuvent désormais être contactés à toute heure du jour ou de la nuit, au travail ou à l’extérieur. Les recherches montrent que 84 % des employés déclarent devoir être disponibles après les heures de travail au moins une partie du temps.

Cela met essentiellement les employés « sur appel ». Et devinez ce qui se passe quand les gens sont de garde ? Ils ne dorment pas aussi bien.

Ainsi, non seulement les tendances sociales révèlent une réduction globale de la durée du sommeil, mais les tendances technologiques brouillent la frontière entre le travail et la maison et aggravent notre incapacité de dormir suffisamment. C’est tragique, parce que le travail nous fatigue et que le sommeil est l’un des plus importants mécanismes de récupération qui existent.

Pour lutter contre l’épidémie de somnolence, la frontière entre le travail et la maison devrait s’estomper dans les deux sens. Si les employés sont tenus d’être disponibles après les heures de travail, ils devraient également être autorisés à dormir au travail.

Les siestes améliorent les performances

La rentabilité de la sieste a fait l’objet de solides analyses. Des siestes aussi courtes que de 10 à 30 minutes peuvent augmenter la vigilance, réduire la fatigue et améliorer la performance. De plus, des recherches récentes laissent entendre que la sieste peut être aussi efficace que les médicaments pour réduire la tension artérielle. Ainsi, les entreprises qui mettent en œuvre des politiques de sieste peuvent économiser sur le coût des soins de santé.

De nombreuses entreprises, comme Ben & Jerry’s, Zappos et Nike, permettent aux employés de faire la sieste au travail. Je crois que cette tendance en entreprise représente l’avenir.

La croyance que les employés ne devraient pas être autorisés à dormir au travail est un tabou dépassé. Il s’agit d’un vestige de l’époque où la valeur d’un employé dépendait uniquement du résultat de son travail manuel.

Dans une économie moderne, cependant, votre valeur en tant qu’employé, gestionnaire ou cadre supérieur repose sur votre capacité d’atteindre les résultats escomptés. Les organisations progressistes reconnaissent que les employés fatigués ne peuvent pas donner le meilleur d’eux-mêmes. Ils affectent donc, essentiellement, le rendement de l’entreprise.

Bref, si vous êtes fatigué et ne dormez pas au travail, vous devriez être congédié !La Conversation

La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation, un média en ligne qui publie des articles grand public écrits par les chercheurs et les universitaires.

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