Voyager à la retraite sans se ruiner

Visiter un, deux, trois pays par année à la retraite sans y passer tout son budget, c’est possible. À condition de voyager futé.

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Souvenirs de voyages de Louisette et Ray Bourque. Le couple de retraités planifie lui-même, et bien en avance, ses séjours à l’étranger. Et il s’inspire de voyages organisés pour trouver des attractions. – Photos : collection privée

Costa Rica, Israël, Grèce, Turquie, Italie, Allema­gne, Pays-Bas, Émirats arabes unis, Chine… La liste des pays visités au cours des cinq der­nières années par Ray Bour­que, 68 ans, et sa femme Louisette, 69 ans, montre bien que ce couple des Laurentides réalise son rêve de retraite : voyager !

« Nous faisons trois voyages par année en moyenne », dit Louisette Bourque, une artisane semi-retraitée. Pour que leurs économies survivent à ce rythme, qu’ils comptent maintenir longtemps, ils s’assurent de voyager à petit prix, mais confortablement. Un art dont Ray, ancien consultant en informatique, communique les secrets sur le site Les retraités flyés.

Profiter de ses vieux jours pour parcourir la planète fait rêver : 27 % des Canadiens de 50 ans et plus qui travaillent encore s’attendent à être des « retraités voyageurs », selon un sondage mené pour le compte de la banque RBC en 2013. Mais en réalité, seuls 16 % des gens du « bel âge » s’offrent régulièrement des billets d’avion. D’où l’importance de bien planifier son épargne… et ses voyages.

Chaque séjour du couple Bourque est préparé des mois à l’avance — en avril dernier, ils planifiaient, eux-mêmes, leur périple de deux mois en Asie du Sud-Est, prévu pour janvier 2016. « C’est une partie du plaisir et ça permet d’économiser », dit Ray Bourque — jusqu’à la moitié de ce qu’il en coûte par l’intermédiaire d’une agence.

Ils s’inspirent d’abord des voyages organisés pour trouver les attractions. Et ils optent pour la basse saison. « En Europe, par exemple, en avril, mai, octobre et novem­bre, la météo est agréable, les touristes sont moins nombreux et tout est moins cher », dit Ray.

Le nombre de sites Web pour dénicher des billets d’avion à bon prix a explosé ces dernières années. Il y a notamment Yulair, qui recense les aubaines pour les vols partant de Québec ou de Montréal, et Airfarewatchdog, qui envoie une alerte lorsque les tarifs baissent pour la destination qui vous intéresse.

Prenez aussi le temps de magasiner vos déplacements à l’intérieur d’un pays, conseille Ray Bourque. « Considérez toutes les possibilités, dont l’avion, le train et l’autocar. » Parfois, un vol sera moins cher qu’un trajet par voie terrestre.

Et surtout, la retraite donne le luxe du temps. Si un vol de retour fait escale quelque part, pourquoi ne pas s’y arrêter quelques semaines ? Récemment, Ray et Louisette ont ainsi changé leur billet de retour, qui devait les ramener des Émirats arabes unis au Québec en passant par Amsterdam, en déboursant seulement 50 dollars supplémentaires chacun. Ils ont ainsi pu passer du temps sur le vieux continent. Pas mal, si on considère qu’un vol aller-retour depuis Montréal leur aurait coûté plus de 1 500 dollars ! « Les compagnies aériennes ne le permettent pas toutes », prévient toutefois Louisette.

Côté logement, les auberges de jeunesse, malgré leur nom, attirent de nombreux retraités. Oubliez les dortoirs communs, qui conviennent mieux aux voyageurs avec sac à dos, et demandez une chambre individuelle.

En ligne, le site Airbnb permet de louer directement aux par­ticuliers. Ray et Louisette ont ainsi déniché un appartement à Rome, à deux coins de rue du Vatican, pour 60 euros la nuit. « Notre hôte est venu nous chercher à la gare, il nous a offert un tour de ville, puis nous avons pris l’apéro avec sa famille », raconte Ray.

L’échange de maisons constitue aussi un choix très économique, facilité par des services tels TrocMaison. Dans certains cas, les gens laissent même leur voiture à la disposition des voyageurs.

Peu importe où vous choisissez de poser vos valises, il est avantageux d’avoir accès à une cuisine. Préparer vos repas diminue les frais et permet d’apprécier davantage les restos que vous vous offrez.

Certaines régions du monde sont plus difficiles d’accès, même pour les voyageurs expérimentés. Pour un premier séjour en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud, un voyage organisé s’avère une bonne idée, croit le président fondateur de Voyages Gendron, Bernard Gendron. « Les voyages de groupe ont beaucoup évolué, afin de satisfaire les exigences des baby-boomers. La flexibilité est plus grande qu’auparavant, et c’est une bonne façon de découvrir un pays. »

Ray et Louisette ont opté pour un voyage de groupe en Chine et n’y retourneraient pas en duo : la barrière de la langue est trop grande. À l’inverse, un voyage de groupe au Viêt Nam et au Cambodge les a convaincus de préparer une escapade à deux en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie.

Et pourquoi ne pas vous installer dans un autre pays quel­ques mois par année, voire pour de bon ? C’est ce que propose HolaÉquateur, une entreprise canadienne qui vend des terrains, condos et maisons en Équateur. « À la retraite, voyager est fatigant et coûte cher », dit l’un des associés, Yves Cormier.

S’installer dans un autre pays ne se décide toutefois pas à la légère. « Il y a une grande différence entre passer quelques semaines en vacances quelque part et y vivre », souligne Dan Prescher, journaliste au magazine américain International Living, qui vit en Équateur depuis cinq ans.

Avant d’acheter une résidence où que ce soit, visitez la région qui vous intéresse et, si possible, restez-y plusieurs mois. Peut-être constaterez-vous que certaines choses vous manquent, que les soins de santé n’y sont pas satisfaisants ou que vous n’aimez pas vivre au bord de la mer.

Si le coup de foudre persiste, foncez. Sachez toutefois que les premiers mois nécessiteront de nombreuses dépenses — maison, voiture, assurances, services, déménagement, etc. Alors, prévoyez un budget en conséquence.

Dans certains cas, les retraités étrangers peuvent devenir des « résidents fiscaux » de leur pays d’accueil et payer moins d’impôts qu’au Canada. Une option attrayante en apparence, mais aux conséquences parfois désagréables. Par exemple, « en cas de décès, votre testament est-il valide dans ce pays ? » demande Jean-François Poulin, associé en fiscalité internationale chez Raymond Chabot Grant Thornton. L’expert est catégorique : « Quel­qu’un qui veut prendre sa retraite à l’étranger doit consulter un fiscaliste. » Une première rencontre coûtera entre 500 et 1 000 dollars, selon la complexité de votre cas.

Bien au-delà de l’argent, « c’est pour votre cœur et non pour votre portefeuille que vous devez voyager, conseille Dan Prescher. Si l’argent est votre seule motivation, vous serez plus heureux en trouvant un endroit où le coût de la vie est faible dans votre propre pays.

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Photo : Westend61/Alamy

10 pays où prendre sa retraite

En fonction du coût de la vie, de la facilité d’intégration, des services, des soins de santé et des infrastructures.

1. Équateur
2. Panamá
3. Mexique
4. Malaisie
5. Costa Rica
6. Espagne
7. Malte
8. Colombie
9. Portugal
10. Thaïlande

(Source : 2015 Global Retirement Index, d’International Living)

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1 commentaire
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Pourquoi, mais pourquoi donc parle-t-on toujours des personnes retraitées comme étant en couple ?
Pas seulement vous, mais pratiquement toutes les chroniques, articles et blogues traitant de voyage, de vacances ou de résidences pour 50 ans et plus en parlent comme si absolument tout le monde allait deux par deux.
Or, au Québec, suivant le recensement de 2011, 39 % des femmes de 65 ans et plus vivent seules, et 25 % des 60-64 ans également. Ça fait beaucoup !
Alors que presque 40 % des femmes de mon âge sont dans cette situation, pourquoi aucun chroniqueur n’en tient compte ?
Si au moins vous commenciez vos chroniques par «Si vous avez la chance d’être en couple, voici ce que j’ai à vous dire»… On se sentirait moins bannies de la société, des moins que rien, des hors-la-norme, de la garnotte dans vos souliers qui ont beaucoup voyagé.