Canadiens 2, Sénateurs 1 : le CH a raison de Craig Anderson

Si Craig Anderson a aidé la cause des Sénateurs, on ne peut en dire autant de Chris Neil. 

Photo : Andre Ringuette/NHLI/Getty Images
Photo : Andre Ringuette/NHLI/Getty Images

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Après deux performances en demi-teintes par son gardien partant, Dave Cameron n’avait plus le choix de remplacer Andrew Hammond. Appelé en renfort, le vétéran Craig Anderson a bien failli voler le match de dimanche soir. Seulement voilà, sa soirée a été couronnée d’un mauvais but et les Sénateurs sont au bord du gouffre.

Le Canadien prend l’avantage à forces égales

On notait au terme du dernier match que, si les Sénateurs avaient dans l’ensemble fait jeu égal avec le CH, les choses semblaient prendre le bord du Canadien. La tendance s’est confirmée dans le troisième duel. Ottawa a connu une autre excellente première période, avec un avantage de 26-11 aux tirs tentés à forces égales. Mais aux chances de marquer, c’était beaucoup moins définitif, 6-4. S’est-on, chez les Sénateurs, inconsciemment replié dans l’espoir de conserver la maigre avance que leur avait procurée le but de Clarke MacArthur ? La stratégie n’est pas bête. Le Canadien pêche par excès d’agressivité, ce que les rapides attaquants d’Ottawa, appuyés d’Erik Karlsson, peuvent exploiter sur la contre-attaque. Mais encore faut-il que le Canadien échappe la rondelle. Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous, ce n’est qu’en prolongation qu’Ottawa reprend un peu l’avantage.

Figure1

Les Sénateurs ont réussi à limiter le nombre de chances de marquer obtenues par le Canadien, mais le volume de tirs vers le filet d’Ottawa donnait l’avantage aux hommes de Michel Therrien. Même si un gardien affiche un taux d’arrêts de 99 % sur les tirs qui ne sont pas des chances de marquer, au volume, un malheur finit par arriver. Le but de Dale Weise n’était pas une chance de marquer, ayant été décoché de l’extérieur de l’enclave.

Au tour de Michel Therrien d’avoir à bouger ?

Nathan Beaulieu a joué jusqu’ici un rôle effacé, mais on ne dispose pas pour autant d’une solution de rechange évidente après sa blessure. Therrien a continué à envoyer Beaulieu sur la glace suite à ce coup d’épaule de Karlsson, avant de se résigner à le clouer au banc en troisième période. L’épisode est un rappel du climat brutal qui prévaut en séries éliminatoires. Bien des bonnes intentions y sont englouties dans le feu de la compétition. Bruce Arthur, chroniqueur au Toronto Star, fait un résumé lapidaire de l’épisode.

Reste à savoir, donc, qui remplacera Beaulieu. Un petit 2 $ sur Greg Pateryn, qui a beaucoup joué en fin de saison, au détriment même des vétérans Gonchar et Weaver. Le numéro 64 est un joueur imposant, qui aime taper dans le tas et jouer dur le long des bandes. On déplacera sans trop de difficultés Tom Gilbert à gauche, une position à laquelle il s’est montré étonnamment à l’aise en fin de saison.

Le rôle du troisième duo défensif du Canadien est tout de même relativement restreint. Le top-4 (Subban, Markov, Petry, Emelin) effectue à forces égales un travail parfaitement satisfaisant. Ils ont généré 59 % des chances du club à forces égales en jouant 53 % des minutes de jeu et, surtout, ont été présents pour 70 % des mises en jeu disputées en zone du Canadien. Cette contribution a permis de masquer des performances jusqu’ici chancelantes du tandem Beaulieu-Gilbert. Le Canadien pourrait donc être avantagé par cette blessure.

Figure2

Chris Neil, vraiment?

Si Craig Anderson a aidé la cause des Sénateurs, on ne peut en dire autant de Chris Neil. Appelé sous les drapeaux pour son jeu robuste, Neil aura joué un peu plus de 8 minutes, au cours desquelles les Sénateurs n’ont obtenu aucune chance de marquer et tenté 4 maigres tirs vers le filet, alors que le Canadien profitait des rares présences du gros ailier pour tenter 8 tirs vers le filet, dont 3 furent des chances de marquer. Neil n’a obtenu que 2 présences en troisième période, la seconde d’entre elles se concluant par le but égalisateur de Dale Weise.

Weise, finalement héros du match, s’était pourtant retrouvé sur le quatrième trio en 3e période. La mutation lui a souri, comme on le sait. Elle laisse aussi entrevoir que Michel Therrien, malgré les succès de son équipe, continue à tripoter son alignement pour en extraire le maximum. En plus de Weise, Therrien expérimente avec Bryan Flynn, qu’il a envoyé à quelques reprises aux côtés de Desharnais (avec qui il a directement mené à deux pénalités des Sénateurs lors du match numéro 2) et de Lars Eller. À partir de la troisième période, il semble qu’on ait définitivement fait permuter Flynn et Weise.

Ces changements peuvent sembler mineurs, mais depuis le début des séries éliminatoires, on demande à Lars Eller de disputer beaucoup de mises en jeu en zone défensive. Est-il mieux servi dans ce genre de mission avec Flynn comme compagnon de trio ? Souhaite-t-on permettre à Torrey Mitchell de mettre sa vitesse en valeur en l’associant à Weise ? Eller et Mitchell accaparent plus de 45 % du temps de jeu à forces égales. Si on réussit à leur donner un meilleur soutien, le gain est non négligeable. Dimanche soir, il a été immédiat : Torrey Mitchell a obtenu des mentions d’aides sur les deux buts de Weise, marqués suite à des entrées de zone en possessions de rondelle à pleine vitesse.

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