Comment motiver son équipe sous la pression

La capitaine de l’équipe canadienne de soccer féminin, Christine Sinclair, est considérée comme une leader calme et confiante qui sait motiver les troupes.

La capitaine de l'équipe canadienne de soccer, Christine Sinclair, au centre, se fait féliciter par ses coéquipières après avoir marqué un but. (Photo: AP Photo/David J. Phillip)
La capitaine de l’équipe canadienne de soccer, Christine Sinclair, au centre, se fait féliciter par ses coéquipières après avoir marqué un but. (Photo: AP Photo/David J. Phillip)

La vedette du soccer Christine Sinclair a plusieurs visages. Pour ses coéquipières et la direction de l’équipe, elle est tout simplement «Sincy». Pour le groupe de jeunes filles de 12 ans qui l’attendent impatiemment dans le hall du stade BMO en espérant obtenir son autographe ou un selfie avec elle, elle n’est rien de moins qu’un membre de la royauté du soccer.

Et pour cause. En tant que capitaine de l’équipe nationale de soccer féminin du Canada, Sinclair a marqué 153 buts lors de rencontres internationales et a terminé le tournoi olympique de 2012 avec une médaille de bronze au cou. Connue comme une joueuse dominante sur le terrain, elle est considérée par ses coéquipières comme une leader calme et confiante qui sait motiver les troupes.

C’est ce qu’elles attendent d’elle à Rio de Janeiro où l’équipe est en bonne position de répéter l’exploit accompli à Londres en 2012, soit l’obtention de la médaille de bronze.

Vous êtes capitaine de l’équipe nationale depuis des années. Quel est votre style de direction?

Je dis souvent à la blague que mon seul rôle est de tirer à pile ou face au début de la partie et de porter un brassard. En fait, notre équipe compte plusieurs leaders. Chacune assume ce rôle à sa façon. Pour ma part, je suis une leader plus calme. Je ferais tout pour mon équipe et, lorsque nécessaire, je prends la parole. Mais je tends à mener plus par l’exemple.

Qu’est-ce que cela implique?

Inculquer une bonne éthique de travail aux filles: se préparer avec sérieux, ne pas tourner les coins ronds, et faire chaque jour ce qu’il y a de mieux pour l’équipe. Je réagis souvent mieux aux leaders qui sont de bonnes personnes avec de bonnes valeurs. C’est ce que je tente de devenir moi-même.

Comme vous le dites vous-même, vous savez quand prendre la parole. Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, alors que l’équipe avait perdu la demi-finale en raison d’un arbitrage contestable, vous avez livré un discours encourageant vos coéquipières à ne pas se baisser les bras.

Ce n’était pas un discours planifié et réfléchi. C’était un sentiment que j’avais à l’intérieur de moi. En tant qu’équipe, nous étions dévastées d’avoir échappé l’or, particulièrement de la façon dont c’est arrivé. Je voulais leur rappeler que nous avions toujours la chance d’obtenir une médaille olympique dans deux jours et que c’était l’occasion de toute une vie. Je voulais aussi leur dire que c’était correct de ressentir de la colère, mais qu’il fallait maintenant se préparer pour le bronze.

Votre objectif était-il de donner à vos coéquipières une vision à plus long terme?

Absolument. Notre but aux Jeux olympiques était de monter sur le podium. Le fait que nous allions être déçues de recevoir la médaille de bronze prouve la motivation que nous avions de gagner l’or. Mais si quelqu’un nous avait dit dès le début du tournoi que nous allions jouer pour le bronze, nous aurions pris cette chance en un claquement de doigts. Je voulais mettre les choses en perspectives.

Est-ce que votre entraîneur, John Herdman, serait un bon exemple du style de meneuse que vous aspirez à être?

Tout à fait.

Pourquoi donc?

Pour sa passion et sa capacité à motiver à la fois l’équipe et chaque joueur individuellement. Je crois que c’est vraiment unique. Il apporte quelque chose de nouveau tous les jours. Et après chacune de nos rencontres, on se dit: «d’accord, allons jouer».

Vous dites qu’il y a plusieurs meneuses dans votre équipe, est-ce quelque chose que vous avez tenté d’encourager?

Oui. L’idée que chaque joueuse sur le terrain ait un rôle de leader est encourageante. Chacune, à sa façon, a une influence sur un groupe différent dans l’équipe. L’idée est de donner la confiance nécessaire aux personnes pour qu’elles puissent s’exprimer.

Cette entrevue a été adaptée de Canadian Business.

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En 2012, lors des Jeux Olympiques de Londres, l’une des athlètes les plus inspirantes du « team Canada » n’était nulle autre que Christine Sinclair, elle avait du feu dans les yeux, c’était une source incroyable de motivation pour ses équipières et encore pour tous les sportifs toutes disciplines confondues.

Alors que cette entrevue a manifestement été donnée avant le début des Jeux de Rio, j’observe que Sinclair n’est plus en mission cette fois-ci comme elle l’était en 2012.

Hier lors du match contre l’Allemagne, Christine Sinclair était devenue comme l’ombre d’elle-même. Elle n’a pratiquement pas touché un ballon lors de la première mi-temps et même à un moment donné, je me suis demandé si je ne m’étais pas trompé et si elle faisait bien partie de l’alignement.

C’était comme si l’équipe canadienne n’existait pas, comme s’il n’y avait plus de capitaine, comme si chaque joueuse à elle seule était capable marquer des buts par elle-seule.

Face à un jeu discipliné et très collectif comme l’Allemagne. Cela ne pardonne pas.

En deuxième mi-temps, les canadiennes se sont en partie reprises et Sinclair a su nous offrir au moins une envolée magique comme elle seule sait faire. Mais la mine basse de cette joueuse exceptionnelle, nous en disait malgré tout assez long sur ses états d’âme.

On verra lors de la « petite finale » contre le Brésil, si les canadiennes décident lors de ce dernier rendez-vous de suivre ou bien pas leur capitaine pour une dernière fois.