L’arme discrète du Canadien

Manny Malhotra est un véritable mercenaire des mises en jeu en zone défensive, un rôle de plus en plus important aux succès de l’équipe.

Photo: Francois Lacasse/NHLI/Getty Images
Photo: Francois Lacasse/NHLI/Getty Images

Blogue_hockey2Alex Galchenyuk, le plus prometteur des espoirs du Canadien, a été muté au centre cette semaine. Laissé à l’aile pendant plus de deux ans pour lui permettre de s’habituer aux rigueurs de la LNH, les résultats affichés en ce début de saison indiquent que le jeune surdoué est désormais prêt à passer à la prochaine étape. La blessure subie par Lars Eller samedi dernier contre les Stars de Dallas a précipité les choses.

La manœuvre n’est pas sans risque pour l’équipe. On ne voudra pas surtaxer Galchenyuk avec des missions défensives, du moins pas au départ. Or, le remaniement des trios laisse deux vertes recrues aux côtés de Tomas Plekanec (Andrighetto et Jiri Sekac), alors que David Desharnais, désormais entre Pierre-Alexandre Parenteau et Michaël Bournival, a toujours été utilisé dans un rôle strictement offensif. Mine de rien, le Canadien se retrouve donc avec un seul trio (le quatrième, Malhotra flanqué de Weise et Prust) capable de prendre des responsabilités défensives, alors qu’il en avait auparavant trois (ceux d’Eller et Plekanec).

Michel Therrien compte de toute évidence contourner ce problème en s’appuyant sur Manny Malhotra. Le centre du 4e trio est en fait utilisé comme un spécialiste des mises en jeu en zone défensive, un rôle d’une importance primordiale aux succès d’une équipe.

Joshua Weissbock nous rappelait cette semaine qu’il est possible d’évaluer l’impact des mises en jeu sur le temps de possession de rondelle. Reprenant et raffinant des notions développées par Tyler Dellow, Weissbock est parvenu à mesurer comment le résultat de celles-ci influence le déroulement du jeu les secondes qui la suivent.

En gros, lorsqu’une équipe perd une mise en jeu en zone défensive, elle obtient, dans les 25 secondes suivantes, 17 % des tirs au but. C’est donc dire que l’équipe adverse aura de bonnes chances de marquer puisqu’elle possèdera presque toujours la rondelle. Par contre, lorsque l’équipe gagne cette mise en jeu, la fenêtre d’influence se resserre à 17 secondes, à l’intérieur desquelles l’équipe obtient en moyenne 44 % des tirs. Une victoire au cercle des mises en jeu en zone défensive réduit donc de manière substantielle les chances de marquer de l’équipe adverse. Le graphique ci-dessous résume la chose.

Figure1

Pour tirer profit de l’expertise de Malhotra, Michel Therrien procède de manière fort originale. Malhotra est, après Boyd Gordon des Oilers, l’attaquant de la LNH ayant assisté au plus grand nombre de mises en jeu en zone défensive à forces égales depuis le début de la saison.

Mises en jeu en zone défensive à 5 contre 5, saison 2014-2015

Attaquant

Équipe

Nombre

Taux horaire

Part de mises en zone offensive

Boyd Gordon

Oilers d’Edmonton

243

54,1

14 %

Manny Malhotra

Canadiens de Montréal

229

54,0

20 %

Claude Giroux

Flyers de Philadelphie

199

28,1

46 %

Joe Thornton

Sharks de San Jose

187

26,8

49 %

Eric Nystrom

Predators de Nashville

186

40,2

11 %

Curtis Glencross

Flames de Calgary

180

26,2

41 %

Matt Hendricks

Oilers d’Edmonton

178

45,0

13 %

Joe Pavelski

Sharks de San Jose

174

24,5

52 %

Paul Gaustad

Predators de Nashville

174

46,2

6 %

Sean Monahan

Flames de Calgary

171

24,6

45 %

Il ne dispute presque jamais de mise en jeu en zone offensive. Alors que les tandems des Sharks et des Flames sont sur cette liste parce qu’ils jouent beaucoup et dans toutes les situations (c’est aussi le cas de Claude Giroux), Malhotra est un véritable mercenaire des mises en jeu en zone défensive.

Deuxième élément à souligner dans le cas de Malhotra : il assiste, depuis la blessure subie par Michaël Bournival au début du mois de novembre, à une part beaucoup plus importante du total des mises en jeu disputées en zone du Canadien.

Figure2

Cette hausse n’est pas le fait d’une simple augmentation de son temps de glace ; à huit ou neuf minutes passées sur la glace par match, Malhotra est un joueur de 4e trio. Il faut plutôt s’attarder à l’effet domino qui s’est produit lorsque Bournival s’est blessé en début de campagne pour expliquer l’importance de Malhotra, une perte que Michel Therrien a compensé en envoyant Brandon Prust sur le 3e trio. Sans l’apport de Prust, le quatrième trio a rapidement perdu la confiance de l’entraineur pour les missions défensives. Therrien s’est alors mis à envoyer Malhotra dans ces situations, mais en appui aux trois premiers centres du club plutôt qu’au centre du 4e trio. Le graphique suivant montre à quel point le nombre de mises en jeu disputé par Malhotra explose, alors même que son trio habituel perd son statut défensif.

Figure3

Deux éléments militent en faveur de cet ajustement. Premièrement, Manny Malhotra est un centre remarquablement discipliné au cercle des mises en jeu. Selon nos compilations, des 229 mises en jeu pour lesquelles il était sur la glace depuis le début de la saison, il en a disputé 226. On peut en déduire qu’il n’est presque jamais expulsé d’une mise en jeu.

Ensuite, Malhotra excelle dans cet art. Des 226 mises disputées, il en a remporté 137, soit un peu plus de 60 %, un taux réussite exceptionnel.

Depuis le début de la saison, Eller, Plekanec et Desharnais ont quand même gagné 52 % de leurs mises en jeu en zone défensive. L’impact de Malhotra est donc relativement mineur. Mais l’arrivée de Galchenyuk à la position de centre, lui qui affiche un taux de succès en carrière de 44 %, change la donne. En attendant le retour de Lars Eller, qui remporte cette saison près de 60 % de ses mises en jeu à forces égales, Michel Therrien aura plus que jamais besoin de s’appuyer sur son vétéran pour ces situations critiques.

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1 commentaire
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Les Oreillons: Les médecins » hautement » spécialisés des équipes de hockey de la N.H.L. devraient empêcher les jouers de CRACHER sur la glace et surtout au banc.C’est un « assault sur la santé publique et un « bon » moyen de propager la grippe,les OREILLONS et le rhume. En plus le spectacle est dégoutant pour les spectateurs qui voient le geste en « Gros Plan » à la télévision.
Il y a aussi le « Gatorade »qu’ils régurgitent………Hors sujet mais imortant…je crois.

Gilles Larose