Le CH peut-il se comparer aux Blackhawks de Chicago ?

Les statistiques nous le disent clairement : pour améliorer son rendement, le Canadien doit trouver le moyen de réduire sa dépendance à Carey Price.

Photo : Mike Carlson/Getty Images
Photo : Mike Carlson/Getty Images

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Le malaise traîne depuis quelques saisons déjà, depuis le retour de Michel Therrien, en fait. Malgré des passages prometteurs, le Canadien manque de mordant à l’attaque. Les séries que l’équipe a échappées contre Ottawa, les Rangers et le Lightning au cours des trois dernières saisons l’ont bien démontré ; le CH a fini par se faire avoir à l’usure, incapable de marquer.

Michel Therrien avait manifestement anticipé les questions des journalistes à ce sujet lorsqu’il les a rencontrés à son tournoi de golf annuel. Face aux interrogations sur les insuccès de son équipe au chapitre offensif, la réponse était toute prête, digne d’un politicien en campagne : son équipe n’a-t-elle pas marqué, l’an dernier, seulement huit buts de moins que les Blackhawks de Chicago, champions de la coupe Stanley ?

C’était une belle trouvaille, qui a permis à Therrien de passer son message : le club ne changera pas de style et on cherche simplement à raffiner une formule qui fonctionne somme toute assez bien. Dans une certaine mesure, Therrien a raison. En saison régulière, les succès sont manifestes : depuis 2013, l’équipe est cinquième au chapitre des victoires et sixième aux points. Si on ajoute à ce cela deux participations aux finales de conférence, il y a lieu d’être optimiste. Et, à entendre les dirigeants du club au tournoi de golf annuel de la semaine dernière, on est ambitieux pour les prochaines saisons.

Pourtant, le Canadien donne l’impression d’un club qui plafonne, bien plus que d’une machine à quelques ajustements près des grands honneurs. Et c’est bel et bien l’attaque qui alimente le scepticisme. Regardons de plus près si les inquiétudes à ce chapitre sont bien fondées.

Le graphique ci-dessous regroupe toutes les saisons disputées par toutes les équipes de la LNH depuis 2007. Sur l’axe vertical, on retrouve le nombre de tirs dirigés vers le filet adverse à cinq contre cinq ; plus un point se situe vers le haut du graphique, plus un club a été menaçant en attaque. Sur l’axe horizontal, on retrouve le pourcentage des tirs qui donnent des buts ; plus on va vers la droite, plus le taux de réussite est élevé. Finalement, la croix grise délimite les performances ordinaires des performances élites ou médiocres ; les équipes à l’extérieur de la zone grise font partie soit du premier 25 % de la ligue, soit du dernier 25 % (la zone grise regroupe l’autre 50 % des équipes).

Tirs pour-2

Au taux de conversion (de gauche à droite), les Canadiens comme les Blackhawks ont connu cinq saisons que l’on peut qualifier d’ordinaires, une saison franchement médiocre et deux franchement supérieures à la moyenne. Cette distribution rappelle que les clubs de la LNH n’ont, en général, que peu de contrôle sur le taux de réussite, qui varie allègrement d’une saison à l’autre, mais finit toujours par tourner autour de 8 %.

La capacité à diriger des tirs vers le filet adverse (de haut en bas) est par contre beaucoup plus constante d’une saison à l’autre. À sept reprises, Chicago dépasse la médiane et, à trois reprises, se classe parmi l’élite de la LNH. À ce chapitre, l’édition 2014-2015 a été l’une des plus dominantes des dernières saisons.

Le Canadien, par contre, n’a que deux saisons au-delà de la médiane : 2012-13 et 2010-2011.

Depuis l’arrivée de Michel Therrien, le parcours est pour le moins rocailleux. Après une excellente saison écourtée en 2013, l’équipe s’effondre en 2013-14 avant de revenir pile dans le milieu du paquet. Le Canadien a peut-être marqué presque autant de buts que Chicago l’an dernier, mais c’est d’abord et avant tout parce que les Blackhawks ont été victimes d’une poisse cosmique au taux de conversion (ils sont très loin à gauche du graphique !). Bref, la marche est haute avant de prétendre à se comparer aux Blackhawks.

Mais il y a plus préoccupant. Outre cette fameuse saison 2012-13, les succès du Canadien passent presque toujours par ses gardiens — et la tendance est lourde.

Sur l’axe vertical du graphique ci-dessous, on retrouve le nombre de tirs accordés à cinq contre cinq par toutes les équipes de la LNH depuis 2007 ; plus un point se situe vers le haut du graphique, plus poreuse a été la défensive du club en question. Sur l’axe horizontal, on retrouve le taux d’arrêts de ses gardiens ; plus on va vers la droite, plus les performances de ceux-ci ont été exceptionnelles. Dans le cas du Canadien, on voit clairement à quel point le club accorde systématiquement plus de tirs que la médiane tout en jouissant, encore et encore, de performances remarquables de ses gardiens.

Tirs contre

Les performances sensationnelles de Carey Price sont un beau problème à avoir, mais ça reste un problème. On ne peut espérer de Price qu’il soit, saison après saison, dominant comme il l’a été en 2014-2015. Si on applique au volume de tirs qu’il a reçus le taux d’arrêts moyen de la LNH, le cerbère a épargné pas moins de 33 buts à son équipe à 5 contre 5, de loin la meilleure performance de la ligue. Depuis le début de la saison 2007-08, c’est la 4e meilleure performance du genre.

Figure3

Price est excellent et, qui sait, peut-être a-t-il encore quelques saisons du genre dans les jambières. Mais s’il ne sauve «que» 10 ou 15 buts au lieu d’une trentaine, le beau différentiel de +30 de son club vient tout d’un coup de fondre de moitié. Et entendons-nous bien : s’il «économise» 10 ou 15 buts à son club la saison prochaine, Price aura tout de même fait partie, encore une fois, de l’élite de la LNH !

On n’y échappe pas, pour améliorer son rendement, le Canadien doit surtout trouver le moyen de réduire sa dépendance sur son extraordinaire gardien. On a déjà réussi à le faire, lors de la saison 2012-2013. Mais le club a par la suite régressé. Les acquisitions de cet été — Jeff Petry, Alex Semin et Zack Kassian, entre autres — et l’évolution des joueurs qui reviennent permettront à l’équipe de continuer sa lente progression.

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1 commentaire
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AUCUN DOUTE QUE L,ATTAQUE A 5 NE FONCTIONNE PAS, PIRE ENCORE L,ATTAQUE EN AVANTAGE NUMÉRIQUE NE FONCTIONNE ENCORE MOINS,????????? problemes majeurs pour Messieurs Therien et BERGEVIN,

NOS PLUS SINCERES FÉLÉCITATIONS A MR.PK SUBBAN POUR LE DON A L,HOPITAL POUR ENFANTS DE MONTREAL..