Le Lightning l’emporte in extremis contre un Canadien en grande forme

Malgré la défaite, le CH a été nettement supérieur aux Lightning au chapitre des chances de marquer. 

Photo : Minas Panagiotakis/Getty Images
Photo : Minas Panagiotakis/Getty Images

Blogue_hockey2On attendait un duel de gardien et on l’a eu. Même si Ben Bishop a mal paru sur le but de Max Pacioretty — on dirait que le numéro 67 lui avait balancé une grenade dégoupillée —, au bout du compte, il a volé le match pour le Lightning. Hormis la troisième période, au cours de laquelle les deux équipes font jeu égal au chapitre des chances de marquer (quatre de chaque côté), le Canadien a nettement eu l’avantage hier, tant en quantité qu’en qualité.

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Que se passe-t-il avec David Desharnais ?

On soulignait vendredi que les performances de David Desharnais constitueraient un élément-clé de cette série. Le premier match a démontré à quel point la chose est embêtante pour Michel Therrien. Sept des 16 chances de marquer obtenues par le Lightning à forces égales sont survenues lors des 18 minutes jouées par Desharnais. Lors des 60 minutes sans Desharnais, le Canadien a limité le Lightning à neuf petites chances de marquer. Et encore une fois, ses contre-performances sont survenues alors qu’il a disputé une majorité (neuf contre quatre) de ses mises en jeu en zone offensive.

On peut bien souligner le mauvais match d’Alex Galchenyuk, mais ce dernier a tout de même obtenu deux chances de marquer et six entrées en zone adverse en possession de la rondelle. Pas exactement un poids mort. Therrien a tenté d’aider Desharnais en permutant ses ailiers, remplaçant Weise et Galchenyuk par Pierre-Alexandre Parenteau et Jacob De La Rose, mais rien n’y fit.

Le tableau ci-dessous montre les différentiels de tirs affichés par le Canadien lorsqu’un attaquant est sur la glace en même temps qu’un défenseur adverse donné. On peut, grâce aux couleurs, identifier de manière globale quelles étaient les confrontations à l’avantage du CH (en vert) et celle qui tournait plutôt en eau de boudin (en rouge). La liste des attaquants du Canadien montre à quel point Desharnais a contaminé tous les ailiers avec qui il a joué. On voit aussi qu’une partie du problème réside dans le fait que Jon Cooper a utilisé son meilleur duo défensif — Stralman et Hedman —pour cibler le trio le plus faible du Canadien. Impossible de protéger Desharnais plus qu’il ne l’a été vendredi soir. Il va donc falloir que Galchenyuk retrouve ses marques et permette à ce trio de reprendre du poil de la bête.

Figure2

La polyvalence de Gilbert ouvre des portes

Le but gagnant du Lightning a montré pourquoi les entraineurs se méfient des recrues en séries. Même s’il a connu un match fort honorable, Greg Pateryn a commis la bourde de trop. Son poste n’est pas en jeu, mais on va continuer à limiter son temps de glace au profit des vétérans. Contre les Sénateurs, Therrien faisait appel à Tom Gilbert et Alexei Emelin pour quelques présences. Or, ce tandem a été abominable depuis le début des séries. On a donc réglé le problème hier en jumelant Tom Gilbert à P.K. Subban, et les choses ont généralement bien fonctionné.

Si Gilbert a connu une saison parfois difficile, sa fin de campagne est encourageante. Plus surprenante encore est l’aisance avec laquelle il patrouille le côté gauche. Les défenseurs droitiers, parce qu’ils sont plus rares, sont rarement habiles sur leur «mauvais» côté. Avec Subban, on a surtout demandé à Gilbert de jouer contre Steven Stamkos, ce qui montre à quel point les entraineurs lui font confiance. La versatilité de Gilbert permet aussi de donner un peu de répit à Andrei Markov.

Les arbitres….

Pour Michel Therrien, le message entre les deux premiers matchs est simple : on continue. Le Canadien a dominé le match et il n’est pas exagéré de s’attendre de Galchenyuk qu’il retrouve ses repères. Et si Galchenyuk parvient à stabiliser le trio de Desharnais, il sera intéressant de voir ce que fera Jon Cooper avec ses défenseurs : continuera-t-il d’envoyer son meilleur duo contre Desharnais et compagnie ?

Le Lightning, plus fatigué que le Canadien, est aussi désavantagé par un arbitrage moins rigoureux jusqu’ici en séries. Il n’a pas été capable d’utiliser sa vitesse comme en saison régulière, ce qui a provoqué les revirements en zone défensive. Cette victoire in extremis pourrait donc être un cadeau empoisonné si elle convainc les entraineurs de Tampa Bay de la justesse de leur formule et les encourage à ne pas en déroger au cours des prochains matchs.

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