Les deux clés du remaniement du CH, cet été

Heureusement, grâce au travail qu’il a accompli au cours de la saison, Marc Bergevin a déjà une bonne marge de manœuvre.

Photo: Graham Hughes/La Presse Canadienne
Photo: Graham Hughes/La Presse Canadienne

Blogue_hockey2Marc Bergevin n’était manifestement pas enchanté lors de sa conférence de presse de fin de saison, le 15 mai dernier. En plus d’expliquer qu’il ne considérait pas son club comme étant en transition (le terme est pourtant de lui), il a dû se fendre d’un vote de confiance d’une rare éloquence à l’endroit de son entraîneur-chef et s’est montré peu enthousiasmé par la progression d’Alex Galchenyuk.

Au bout du compte, si l’épisode a pu paraître agaçant pour le DG, c’était un passage obligé dont il s’est acquitté avec brio, donnant quelques morceaux croustillants aux médias sans pour autant s’enferrer dans des controverses inutiles.

Cette étape franchie, Bergevin doit maintenant s’atteler à la reconstruction de son alignement en vue de la saison prochaine. Plus qu’au cours des dernières années, les défis qui l’attendent s’articulent les uns aux autres. Le travail de préparation accompli au cours de la saison donne déjà beaucoup de marge de manœuvre au DG.

Si on reprend simplement l’alignement du dernier match de la saison en y accordant des montants réalistes pour chaque agent libre, on constate qu’à l’heure actuelle, le Canadien possède la marge de manœuvre nécessaire pour ramener tout son monde en respectant le plafond salarial.

Salaires

 

Je souligne d’emblée quelques éléments :

  • Marc Bergevin aime avoir une marge de manœuvre. C’est pourquoi il a échangé René Bourque et Travis Moen l’an dernier contre Sergei Gonchar et Bryan Allen. Ensemble, ces deux échanges ont permis à Bergevin d’alléger la masse salariale du Canadien d’un peu plus de cinq millions de dollars.
  • Les salaires en bleu sont des estimations que j’ai sorties d’un chapeau. Ça vaut ce que ça vaut.
  • Les joueurs en orange ont, selon moi, un statut incertain en vue de l’an prochain. Leur place dans l’alignement ne correspond pas nécessairement aux besoins de l’équipe et ils sont, je pense, les joueurs les plus susceptibles d’être échangés.
  • Le Canadien a de très bons jeunes joueurs dans la Ligue américaine, des jeunes qui ne coûtent pas cher. Ça va bouger.

Cela étant dit, les deux dossiers les plus intéressants sont sans contredit ceux de Jeff Petry et Alex Galchenyuk. Ce sont les deux clés du remaniement de la défensive et de l’attaque du CH.

Jeff Petry

Jeff Petry aura finalement coûté des choix de 2e et de 4e ronde au Canadien, soit le même prix que les Blackhawks ont payé pour les services du vétéran de 40 ans Kimmo Timonen. Si Chicago s’est fait arnaquer, Bergevin, lui, a su profiter du fait que la valeur de Petry était fortement dépréciée par les insuccès chroniques des Oilers. Tout au long des séries éliminatoires, Petry a traîné Emelin sur son dos en affrontant le même niveau de compétition que P.K. Subban. Au final, il a obtenu des résultats similaires à Subban malgré un taux plus élevé de départs en zone défensive, ce qui aurait dû nuire à sa production offensive.

Ce qui rend Petry si important, c’est justement le fait qu’il ne joue jamais avec Subban. Si on lui confie 22-23 minutes par match et que le numéro 76 en gobe de son côté 25-26, il ne reste alors qu’entre 11 et 13 minutes disponibles pour le troisième défenseur droitier du club. Un peu de temps de glace en désavantage numérique, des minutes faciles à forces égales… Bref, un poste taillé sur mesure pour Greg Pateryn. Si Petry signe un contrat avec le Canadien, Gilbert lève fort probablement les patins, peu importe ce qu’on recevra en retour.

C’est moins clair dans le cas d’Alexei Emelin. Bergevin aimerait probablement se débarrasser de son encombrant contrat, mais la présence de Petry pourrait lui permettre de prendre son temps. C’est qu’Emelin n’a jamais été meilleur qu’il l’est avec Petry, et une saison à ses côtés pourrait doper la valeur du gros Russe. Ça donnerait aussi le temps à Tinordi de s’établir ou de laisser définitivement sa place à un autre espoir.

Alex Galchenyuk

Le cas de Galchenyuk est devenu un peu plus piquant depuis les commentaires de Marc Bergevin durant la conférence de presse de fin de saison. La direction du Canadien ne semble plus convaincue d’avoir en Galchenyuk un éventuel joueur de centre pour le premier trio, ce qui représente un virage à 180 degrés par rapport à ce que l’administration nous dit du jeune numéro 27 depuis qu’on l’a repêché. Il faut dire que Galchenyuk n’a pas beaucoup joué au centre depuis 4 ans, ce qui laisse entendre qu’une éventuelle transition risque d’être pénible. A-t-on vraiment abandonné l’idée de cette transition ? Malgré les propos de Bergevin, je n’en suis pas si sûr.

L’éventuel retour de Torrey Mitchell donnerait à Michel Therrien trois centres défensifs de confiance, ce qui lui permettrait d’utiliser le 4e centre dans un rôle strictement offensif. On a jusqu’ici donné ce rôle à David Desharnais, mais ce serait aussi un excellent environnement pour développer Galchenyuk. Qui plus est, l’équipe possède plusieurs jeunes joueurs intéressants pour occuper l’aile gauche. Charles Hudon et Sven Andrighetto sont tous deux capables de compléter un trio offensif, alors que Michaël Bournival et Jacob De La Rose ont des profils plus défensifs. Peu importe, le CH peut compter sur plusieurs options intéressantes pour occuper les trois postes à l’aile gauche derrière Max Pacioretty. C’est d’ailleurs pourquoi je considère fort possible que Brandon Prust ait disputé son dernier match dans l’uniforme du CH. En optant pour un jeune, on économise quand même 2 millions sous le plafond salarial.

Par contre, pour faire une place à Galchenyuk parmi les centres du club, il faudrait se débarrasser de David Desharnais, alors qu’il vient de connaître une saison ordinaire. Sa valeur étant au plus bas, on ne recevra probablement pas beaucoup en retour. On sacrifierait donc un joueur offensif alors même que l’équipe doit trouver le moyen de marquer plus de buts.

L’autre problème, c’est que Galchenyuk n’est pas un tireur prolifique. Brendan Gallagher, Max Pacioretty, Tomas Plekanec, et même Lars Eller ont obtenu plus de tirs au but que Galchenyuk à forces égales. Ce qui ne l’empêche pas d’être un excellent ailier offensif. Il a maintenu cette saison un rythme de 6 chances de marquer obtenues par heure jouée à forces égales, à peine moins que Gallagher (6,5) et Pacioretty (7,5). Les autres principaux attaquants du club obtiennent plutôt entre 4 et 5 chances à l’heure. Bref, Galchenyuk ne tire pas souvent, mais il obtient beaucoup de chances de marquer.

Parce qu’il n’a que 21 ans, il n’est pas absurde de croire que Galchenyuk pourrait bientôt atteindre une production offensive similaire à celle de Max Pacioretty. Ça n’est qu’à l’âge de 22 ans que Pacioretty a réellement décollé. Ça n’est pas exactement un détail. Si Galchenyuk connaît son «moment Pacioretty» l’an prochain et devient un marqueur de 30 buts, qui voudra s’obstiner à lui faire apprendre une position qu’il n’a pas occupée depuis l’âge de 17 ans ?

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7 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Je serais surpris que Bergevin se départisse de Prust (à cause de ces « intangibles » que Therrien aime tant, et de ses bagarres). Idem pour Weise, quoique ce serait opportun.

S’il veut libérer de l’espace salarial, j’ai plutôt peur qu’il fasse plaisir à son coach en laissant aller Parenteau pour se délester de ses $4M. Ce serait con comme tout, mais dans la droite lignée de Sekac-v-DSP.

Une idée farfelue comme ça : on pourrait pas envoyer Mitchell à la droite (il est droitier) au lieu de DSP et descendre Eller pour piloter le 4è trio, Desharnais le 3è (ou vice versa, Desharnais me semble avoir plus d’habileté dans les 2 sens de la patinoire) et Galchenyuk sur le 2è trio?

Comme ça pas besoin de se débarasser du jeu physique de Prust et on fait de la place pour un jeune comme Andrighetto ou Bournival.

Je sais pas, j’ai un problème à me débarasser d’un centre de 48 points/+22 qui coûte seulement 3,5M$. C’est la moitié du prix de Gomez et 7 fois la production offensive!

En general je suis d’accord sauf pour Prust et Weise, je metterais plutôt Parenteau dans les incertain, une échange que j’ai detesté depuis le jour 1 justement pcqu’il lui restait 1 an de plus a son contrat que Brière.

Pour ce qui est de Galchenyuk… s’il n’a pas enfin sa place au centre sur un des 2 premiers trio l’an prochain(ce qui m’étonnerais même pas) alors Bergevin est plus que décevant, car il va sacrifier le moyen-long terme du club pour le présent comme l’organisation du CH le fait depuis longtemps. J’espere que c’est une tactique de négociation de notre DG en vue de la signature du contrat du jeune.

Petry est un must, il faut le resigner absolument. On n’a donné Collberg + un choix de 2e ronde pour Vanek et il a signé avec le Wild, après on donne un choix de 2e + 4e pour Petry… on ne peut pas se permettre d’echanger nos 2e choix à tout les ans pour se retrouver avec rien au bout du compte, surtout avec un DG qui parle de l’importance du repêchage depuis son arrivé. Alors je m’attend à revoir Petry la saison prochaine, à moins qu’il demande 6 million et plus… eh bien la ça sera Byebye et on n’aura juste pas été chanceux avec ce gamble.

a mon avis le canadien est pas pret de revoire la couple stenley il y a bien trop d echange dans cette equipe la on laisse meme pas le temp au jouueur de s abituer ensemble regarder tampa sa roule chicago sa roule ranger sa roule pourquoi pas dechange pratiquement regarder les red wing de detroit ses pratiquement seulement des vieux de la vielle et sa roule

on parle de subban moi sa serai bay bay cette annee rien foutu seulement des punition pour mettre le canadien dans l embarra dans les series

Gros échange a completer, Lars Eller, Thomas Plekanec, Alexis Emelin pour Evgeni Malkin…et apres ca sentira la coupe.