L’attaque des Canadiens débloquera-t-elle à temps ?

Les Canadiens sont présentement victimes d’une léthargie embarrassante, mais celle-ci n’est pas aussi alarmante qu’on ne pourrait la croire. 

Photo: Francois Laplante/Freestyle Photography/Getty Images
Photo: Francois Laplante/Freestyle Photography/Getty Images

Blogue_hockey2Le vent tourne-t-il ? Dopés par une troisième performance étincelante de Craig Anderson, les Sénateurs ont fait preuve d’opportunisme au cours du cinquième match, rattrapant sur ce point les Canadiens. Mais chaque match reste serré, plus que ce que le score du dernier affrontement ne le laisse entendre. Tous les buts ne sont pas des chances de marquer Dans une série de sept matchs, les retours de tirs et la chance jouent un énorme rôle. C’est d’autant plus vrai dans une série comme celle-ci, où les deux équipes s’échangent le contrôle du jeu au fil des périodes. On compte les chances de marquer pour mieux comprendre l’efficacité offensive des équipes. Ma définition d’une chance de marquer est la suivante : un tir ou un tir manqué qui provient d’une zone représentée dans l’image ci-dessous. J’ajoute aussi les tirs provenant de l’extérieur de cette zone, mais dévié par un joueur offensif à l’intérieur de la zone.RinkÀ l’échelle d’une saison, environ 30 % des tirs tentés par un club sont des chances de marquer. Les taux de conversion varient évidemment énormément selon le type de tirs. Figure1 Les cinq premiers matchs de la série Canadiens-Sénateurs nous ont donné un bel exemple de ce phénomène. Au cours des trois premiers matchs, les Canadiens ont obtenu deux buts à partir de tirs qui n’étaient pas des chances de marquer : le tir frappé de Subban lors du deuxième match et le but gagnant de Dale Weise lors du troisième affrontement. Les Sénateurs n’en ont obtenu qu’un de ce genre, le but marqué par Markov, attribué à Michalek. Les choses se sont équilibrées au cours du cinquième match : si le but de Tom Gilbert en troisième période n’était pas une chance de marquer, les buts d’Erik Karlsson et de Bobby Ryan n’en étaient pas plus. Après avoir été continuellement frustrés par Carey Price, donc, les Sénateurs ont eu leur revanche.

L’importance grandissante des unités spéciales Avec cinq buts contre un en avantage numérique, les Sénateurs ont su profiter de leurs chances. Les Canadiens sont présentement victimes d’une léthargie embarrassante, mais celle-ci n’est pas aussi alarmante qu’on ne pourrait la croire. Comme toujours en séries éliminatoires, la brièveté des rondes fait perdre de vue le fait qu’une équipe va, au fil des matchs, voir son opportunisme varier continuellement. Aux chances de marquer, Montréal fait aussi bien qu’Ottawa. Figure2 Plus amusant encore : à 46 chances de marquer générées par heure jouée à 5 contre 4, les Canadiens font nettement mieux qu’en saison régulière, alors qu’ils obtenaient à peine plus de 32 chances à l’heure. Ce qui frappe, ici, c’est la différence d’opportunisme entre les deux clubs. On a vu plus haut qu’en moyenne, 13% des chances sont converties en but dans cette situation. D’autres ajustements à venir ? Dave Cameron, après maints tâtonnements, semble avoir enfin trouvé son alignement idéal. Reste à voir s’il pourra continuer à le déployer: Clarke MacArthur, sbire attitré de Kyle Turris dans les missions défensives difficiles, n’a pas terminé la deuxième période du match de vendredi. S’il joue sur une jambe ou, pire encore, s’il ne peut être de la formation dimanche soir, c’est un rôle crucial qu’on doit alors confier à quelqu’un d’autre. Milan Michalek, rétrogradé sur le 4e trio depuis deux matchs, a plus ou moins bien fait vendredi, alors qu’Erik Condra a offert une excellente performance (il est en compagnie de Stone et Turris lorsqu’il marque en échappée). Seul problème, sans Condra, le trio de Jean-Gabriel Pageau perd beaucoup en efficacité. Or, la contribution du 3e trio des Sens, notamment contre celui de David Desharnais, est une des clés du succès de cette équipe.

Du côté montréalais, Michel Therrien a brassé la soupe, chamboulant ses trois premiers trios. On regarde la disette offensive du club et on tend à regarder du côté de Pierre-Alexandre Parenteau comme solution. Mais les pourcentages ont, on l’a vu avec l’avantage numérique, beaucoup à voir avec ce passage à vide. Les chances de marquer sont au rendez-vous. Sur ce point, soulignons qu’avec 12 chances de marquer obtenues en 4 matchs, Max Pacioretty tient précisément le rythme qui a été le sien lors des dernières saisons. Le grand numéro 67 n’a connu qu’une seule séquence de plus de 3 matchs sans marquer au cours de la dernière saison, du 12 au 23 décembre. Il avait quand même obtenu 5 mentions d’aides lors de cette séquence. Ajoutons que Gallagher, avec 10 chances de marquer en 5 matchs, est lui aussi dans sa moyenne pour la saison régulière. Ils pourraient tous débloquer d’un seul coup ; les chances sont là.

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3 commentaires
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Intéressant perspective que celle des séries avec statistiques et pourcentages des probalités. Pour ceux qui ne suivent pas TOUS les matchs ou qui ne savent pas qui est Michalek, j’aurais ajouté ceci à cette phrase : «Les Sénateurs n’en ont obtenu qu’un de ce genre, le but marqué par Markov DANS SON PROPRE filet, attribué à Michalek». J’ajouterai que la chance, le hasard et le facteur psychologique sont aussi des vecteurs significatifs dans ce sport et dans plusieurs autres en fait.