Un changement de style payant pour le CH?

On a explicitement affirmé depuis le début de la saison qu’un changement tactique est à l’œuvre: on veut que les défenseurs s’impliquent davantage dans les montées en zone adverse, sans pour autant jeter aux orties le style de l’équipe.

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La saison a commencé en lion pour le CH. L’équipe n’a pas que de nouveaux joueurs, on a aussi manifestement modifié l’approche tactique, notamment en zone offensive. Et l’expérience semble porter ses fruits, même si les trois victoires en trois matchs sont survenues contre des clubs — les Maple Leafs, les Bruins et les Sénateurs — qui ne sont pas des puissances de la ligue.

La domination du CH a été manifeste à forces égales et, fait à noter, s’est accentuée au fil des matchs. À trois reprises, l’équipe adverse a eu l’avantage au chapitre des chances de marquer en première période, avant de laisser les hommes de Michel Therrien prendre le dessus. Les chiffres à cinq contre cinq sont sans appel:

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En avantage numérique, c’est plutôt catastrophique (Jack Han, du blogue Eyes on the Prize, se fend d’une analyse détaillée des déboires du club), mais si le jeu à forces égales se maintient, ce problème devient secondaire.

Les succès du club en début de saison s’expliquent par sa profondeur. Ça ne durera pas toute la saison, mais à l’heure actuelle, c’est bel et bien un ailier du 4e trio qui trône — avec Lars Eller — au palmarès des chances de marquer à forces égales. Mesdames, messieurs, Brian Flynn superstar:

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Les habitués de cette chronique ne seront pas totalement surpris des succès du 4e trio actuel du CH. En séries, au printemps, Flynn, Mitchell et Prust avaient fait la pluie et le beau temps contre les Sénateurs d’Ottawa. L’acharnement de Therrien à garder Flynn dans les gradins pour associer Prust et Smith-Pelly à Mitchell avait complètement éteint ce trio contre le Lightning. Avec Flynn de retour à sa droite et un Smith-Pelly aminci à sa gauche, Mitchell pilote à nouveau un trio menaçant à l’attaque.

Le trio de Desharnais semble être le seul qui souffre en ce début de saison. Les apparences sont toutefois trompeuses.

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Le trio de Desharnais n’a certes pas généré énormément de chances, mais il n’en a pas non plus cédé beaucoup, surtout si on considère le temps passé sur la patinoire. On doit aussi tenir compte du fait que ce trio a passé le match de dimanche à être pourchassé par Erik Karlsson et Marc Methot, le meilleur duo de défenseurs des Sénateurs. Ottawa cherchait manifestement à exploiter le trio perçu comme le plus vulnérable du CH. Or, si le trio de Desharnais n’a pas créé de chances, il n’en a accordé qu’une et a terminé avec l’avantage en ce qui a trait aux tirs vers le filet. En tenant ainsi le coup, il a par ailleurs ouvert le chemin au trio de Plekanec qui, couvert par des défenseurs moins compétents, a su bien de débrouiller.

Un autre élément ressort de ces trois premiers matchs: si l’édition actuelle du CH paraît toujours quelque peu confuse en sortie de zone défensive, elle semble avoir franchement tourné un coin lorsque vient le temps d’accéder à la zone offensive.

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Au cours des 20 derniers matchs l’an dernier, le CH a accédé à la zone adverse en contrôlant le disque deux fois sur trois, soit un rapport similaire à celui de ses adversaires. Cette saison, l’équipe s’est jusqu’ici drôlement démarquée des autres clubs, accédant à la zone ennemie en contrôlant le disque trois fois sur quatre. Ici comme ailleurs, on verra à l’usage; les affrontements contre les unités défensives chevronnées des Blues et des Rangers vont, dans la prochaine semaine, agir comme un révélateur de la force de ces tendances.

Quand même. On a explicitement affirmé depuis le début de la saison qu’un changement tactique est à l’œuvre: on veut que les défenseurs s’impliquent davantage dans les montées en zone adverse, sans pour autant jeter aux orties le style de l’équipe, axé sur le placement de rondelle et la vitesse de ses attaquants.

Au fil d’un match, ces changements se manifestent souvent sous une forme simple. Lorsqu’un défenseur saute en attaque, les attaquants savent qu’ils doivent se replier pour prendre sa place à la ligne bleue. L’effet net de la chose est de rendre le club plus efficace en échec avant (parce que le défenseur y va s’il est mieux placé) et de provoquer des revirements lors des replis défensifs. Même si les sorties de zone défensive sont encore pénibles, l’importance de celles-ci est minimisée par le simple fait que le Canadien, une fois sorti de sa zone, ne donne plus autant de chances à l’adversaire d’y retourner.

Les nouveaux choix tactiques ont un dernier effet bénin, mais spectaculaire: ces permutations incessantes entre attaquants et défenseurs ouvrent la porte aux échappées et attaques en surnombre par l’équipe adverse. Leur fréquence n’est pas problématique; le CH domine largement. Mais ce sont des jeux impressionnants, et il sera intéressant de voir si les entraîneurs sauront accepter cet état des choses et éviter de demander aux joueurs de revenir à un style plus conservateur et moins productif.

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