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Le point, symbole de l’agressivité en langage texto

En langage texto, le point serait devenu un signe d’agressivité visant à mettre fin à une conversation.

texto

Qu’y a-t-il de plus banal qu’un point ? Pour conclure une phrase, admettons qu’il est quand même utile !

Pourtant, en langage texto, il revêt une toute autre signification : il est un signe d’agressivité visant à mettre fin à une conversation, selon Ben Crair, de New Republic. Exemple :

«Salut. Ça va ?
– Oui.»

Visiblement, dans ce cas précis, l’interrogé ne semble pas avoir envie d’engager une conversation, de développer son idée, voire de retourner la question.

«C’est définitif, c’est la fin de la discussion ou du moins la fin de ma contribution à celle-ci», explique Mark Liberman, un professeur de linguistique à l’Université de Pennsylvanie.

À l’ère de la messagerie instantanée et des textos illimités, le point aurait été remplacé par le saut de ligne. Ainsi, au lieu d’écrire un message avec de la ponctuation, tel que «Désolé pour hier soir. On ira une prochaine fois.», ce sont deux messages distincts qui seront envoyés.

Désolé pour hier soir
On ira une prochaine fois

L’avènement de Twitter, avec sa contrainte imposée d’écrire un message en moins de 140 caractères, aurait contribué à rendre la ponctuation superflue, ajoute Crair.

Selon une étude réalisée en 2007 par le Département du langage et des études étrangères de l’American University, la ponctuation n’était utilisée afin de terminer une phrase que dans 39% des messages échangés par un panel d’étudiants.

Car le point n’est pas le seul signe de ponctuation avec un sens caché, selon l’auteur. « Presque tout le monde a un jour éprouvé de la difficulté à comprendre si un message reçu était sarcastique ou non. Alors, les gens ont commencé à utiliser les points d’exclamation comme des signes de sincérité. Exemple :

«Dis-tu cela de manière sarcastique ?
– Non !!!!»

Une réponse qui ne laisse pas de place à l’interprétation, alors qu’un «Non» sans ponctuation pourrait laisser un doute subsister.

Le point d’interrogation, toujours selon Ben Crair, servirait à tempérer des déclarations qui pourraient paraître arrogantes autrement. Exemple :

« Je crois qu’il m’aime bien ? »

Enfin, les points de suspension montreraient qu’il y a davantage à comprendre. Alors qu’un «Non.» met clairement un terme à une discussion, «Non…» est une invitation à continuer la conversation.