La techno dans votre assiette
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La techno dans votre assiette

Il y aura 9,8 milliards de bouches à nourrir sur la terre en 2050. Un défi majeur pour les uns, une occasion d’affaires pour les autres. C’est ainsi qu’après les communications, les transports et moult autres secteurs, c’est au tour de l’alimentation d’intéresser les entreprises technos.

Avec son allure, sa texture et son goût de viande (même s’il est composé de protéines végétales), l’Impossible Burger incarne à merveille ce croisement entre les technologies et l’alimentation. L’entreprise américaine Impossible Foods élabore cette fausse viande à l’aide de levures génétiquement modifiées pour générer une molécule qui se trouve dans l’hémoglobine. Résultat : un faux bœuf haché qui semble « saigner » lorsqu’on écrase la galette et qui devrait plaire aux carnivores, tout en demandant le vingtième de la surface agricole et le quart de l’eau nécessaires pour produire un véritable hamburger.

Une autre entreprise, Memphis Meats, fait directement croître des cellules souches animales en laboratoire pour créer du poulet artificiel. Dans les deux cas, l’objectif est le même, soit permettre aux gens d’assouvir leur goût de viande tout en minimisant l’impact sur l’environnement.

D’autres entreprises estiment que le moment est venu pour un bouleversement plus important. Soylent propose notamment un substitut alimentaire complet, qui remplace toute nourriture par une boisson. Celle-ci a toutefois été interdite à la vente au Canada par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (pour des raisons qu’elle n’a pas divulguées).

Côté agriculture, des entreprises proposent des solutions modernes pour améliorer la production. Aux États-Unis, la jeune pousse AgVoice offre une solution de reconnaissance vocale pour permettre aux agriculteurs de prendre des notes dans leur champ et d’améliorer leurs rendements en utilisant leur voix. Aspire Food Group a pour sa part mis au point des outils qui automatisent la production d’insectes au moyen de capteurs connectés, de robotisation et de traitement de données pour les pays habitués à la consommation de criquets, larves et autres.

L’arrivée des réseaux de télécommunication 5G au cours des prochaines années, qui pourront relier à Internet un million d’appareils au kilomètre carré, devrait aussi donner un nouveau souffle aux objets connectés dans les fermes, pour mesurer avec précision les conditions dans chaque parcelle de son terrain, par exemple.

La distribution intéresse par ailleurs les géants de la Silicon Valley. Amazon souhaite la moderniser, en appliquant son modèle d’affaires (vente par Internet, livraison gratuite pour les abonnés sur un grand territoire, etc.) à la chaîne d’aliments naturels Whole Foods,  et Uber espère profiter de son expertise logistique pour repenser la livraison de repas. Sa division Uber Eats permet déjà à ses utilisateurs de commander dans les établissements à proximité, et a racheté au début 2018 Ando, un restaurant de livraison fondé par le célèbre chef David Chang, du Momofuku, à New York. L’objectif de l’entreprise n’est pas seulement de vendre des plats préparés, mais aussi de réimaginer la restauration à l’ère de l’économie du partage.

Augmentation de la production, réduction des pertes, rationalisation de la distribution : les enjeux de l’alimentation au cours des prochaines décennies seront nombreux. Reste maintenant à voir si les innovations technologiques à venir serviront surtout à nourrir la planète ou à tirer plus de profits des consommateurs déjà bien repus.

Difficile parité

La moitié des utilisateurs des grandes entreprises technos sont des femmes, mais celles-ci sont toujours en minorité dans leurs conseils d’administration. Quelle société parmi les suivantes atteint la parité au sein de son C. A. ?

  • A. Alphabet (Google)
  • B. Amazon
  • C. Apple
  • D. Facebook
  • E. HP inc.
  • F. Pinterest
  • G. Twitter
  • H. Aucune de ces réponses

La bonne réponse se trouve au bas de cette page !

Une caméra qui remplace les yeux

Lire un magazine ou un menu dans un restaurant, reconnaître les gens, distinguer les produits en magasin : la caméra intelligente OrCam MyEye 2.0 profite des dernières avancées en intelligence artificielle pour faciliter la vie des personnes malvoyantes.

Photo : D.R.

Le petit appareil s’installe autour du cou ou sur une monture de lunettes et s’active grâce à une série de gestes, comme désigner du doigt la page d’un livre pour en lire le texte.

L’OrCam MyEye 2.0 dicte en français ce qu’il voit dans un mini-haut-parleur ou dans des écouteurs Bluetooth, même sans aucune connexion Internet.

Regagner en partie la vue coûte au bas mot 5 800 dollars, ce qui comprend une formation, soit l’équivalent d’une bonne paire de prothèses auditives.

43,8 %

Photo : Pekic / Getty Images

C’est la hausse de revenus que les Spotify et autres Apple Music de ce monde devront offrir d’ici cinq ans aux auteurs et compositeurs de musique aux États-Unis, grâce à un jugement du Copyright Royalty Board (commission des redevances de droits d’auteur).

Le temps dira si cette augmentation aura des répercussions au Canada, où les créateurs ont gagné en moyenne à peine 38,72 $ en 2017 sur ces plateformes, selon la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs (SOCAN).

Réponse du quiz : H. Aucune de ces réponses. Le pourcentage des sièges attribués à des femmes dans les conseils d’administration de Pinterest (17 %), Facebook (22 %), Alphabet (25 %), Apple (25 %), Amazon (30 %), Twitter (33 %) et HP inc. (40 %) sont tous sous la barre des 50 %. La représentativité des femmes dans les conseils d’administration d’entreprises de la Silicon Valley (15,1 % en 2016) traîne d’ailleurs la patte derrière celle des entreprises de l’indice S&P 100 (23,1 % en 2016).