Téléphones cellulaires : peu de données, factures salées
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Téléphones cellulaires : peu de données, factures salées

Un nouveau rapport analyse la consommation de données par téléphone cellulaire dans 36 pays dans le monde. Le Canada n’y fait pas bonne figure, explique Maxime Johnson.

Les Canadiens sont parmi ceux qui consomment le moins de données mensuellement dans le monde, ce qui n’empêche pas les opérateurs locaux de tirer plus de revenus par utilisateur que n’importe où ailleurs. Voilà ce que l’on peut retenir d’une nouvelle étude de la maison d’analyse suédoise Tefficient, publiée au début du mois.

Avec une consommation mensuelle d’à peine 1,3 Go de données par carte SIM (ce qui relie un appareil mobile à un compte chez un opérateur), le Canada est l’un des derniers de classe des pays analysés. Les seuls à moins consommer sont la Roumanie (1,1 Go), la République tchèque (1,1 Go), l’Allemagne (1 Go), le Portugal (1 Go), la Belgique (0,9 Go) et la Grèce (0,3 Go). À l’autre bout du spectre se trouve la Finlande, avec 15,9 Go de données par mois. La consommation canadienne est aussi celle qui connaît la plus petite croissance, à 6 % seulement par année.

Inutile de chercher bien longtemps la cause de cette frugalité : c’est au Canada que les données coûtent le plus cher, tout simplement. Tefficient évalue que le revenu mensuel moyen par utilisateur des fournisseurs de services cellulaires est de plus de 56 dollars (notons que le CRTC évaluait plutôt l’année dernière qu’il s’élevait à 64,91 $).  Tefficient estime d’ailleurs dans son rapport que « les consommateurs canadiens devraient être particulièrement insatisfaits ».

Il n’y a pas que les consommateurs qui sont mécontents de payer plus cher qu’ailleurs pour leur forfait mobile. Des voix commencent aussi à s’élever dans la communauté entrepreneuriale.

Sur Twitter, le fondateur de la plateforme d’achats en ligne canadienne Shopify, Tobi Lütke, a ainsi affirmé que la situation causait un cercle vicieux qui diminuait la productivité canadienne. Pour ce dernier, des données sans fil plus abordables pourraient aider à familiariser les Canadiens avec les technologies numériques, comme c’est le cas dans d’autres économies avancées.

Le prix n’est pas le seul facteur à analyser par rapport aux services sans fil canadiens. Les réseaux mobiles au pays sont en effet parmi les meilleurs dans le monde. Selon le dernier rapport OpenSignal sur l’état de la technologie LTE, le Canada serait le 11e pays où les vitesses atteintes en moyenne sont les plus rapides. Une grande partie de la population a aussi accès à des réseaux de dernière génération, et ce, malgré la grande étendue du pays.

Des utilisateurs sont prêts à payer beaucoup d’argent pour un réseau de qualité. D’autres peinent toutefois à boucler leur budget avec un forfait mensuel de plusieurs dizaines de dollars pour un téléphone intelligent, un outil pourtant nécessaire pour un grand nombre de travailleurs.

Comme l’affirme le professeur de droit à l’Université d’Ottawa Michael Geist dans un billet de blogue, « on pourrait difficilement trop insister sur le fait que le manque de concurrence dans les technologies sans fil freine le marché canadien ». Ce manque de concurrence ne fait pas que donner mauvaise figure au Canada dans les études internationales : il nuit à l’économie du pays.

Espérons que l’arrivée prochaine des réseaux 5G sera l’occasion de corriger la situation.