Technologies mobiles : 5 nouveautés incontournables
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Technologies mobiles : 5 nouveautés incontournables

Gravure en sept nanomètres, eSIM, écrans DELO : il est facile de s’y perdre lorsqu’on magasine un nouveau téléphone intelligent. Petit glossaire pour déchiffrer le jargon technologique du moment en mobilité.

ACL, AMOLED, DELO

Plusieurs technologies d’écran existent pour les fabricants de téléphones intelligents. Depuis quelques années, la tendance pour les modèles haut de gamme est aux écrans DELO (OLED en anglais) et leur variante AMOLED.

Cette technologie permet d’éteindre chacun des pixels (les petits points qui composent une image numérique) indépendamment les uns des autres, et d’offrir ainsi des noirs profonds.

Les écrans ACL n’ont pas les mêmes contrastes, et ils consomment généralement plus d’énergie, mais ils peuvent quand même afficher une image d’une excellente qualité.

Si la question de l’écran n’est pas nouvelle, elle risque cependant d’être au cœur de bien des décisions au cours des prochains mois. Il s’agit en effet de la différence principale entre le téléphone iPhone Xs tout neuf d’Apple (avec écran DELO) et le modèle plus abordable iPhone Xr avec écran ACL.

 eSIM

Les jours des cartes SIM, ces petites puces que l’on insère dans les téléphones intelligents pour s’enregistrer sur le réseau de son opérateur mobile, sont peut-être comptés.

Google et Apple ont récemment équipé leurs appareils phares de cartes SIM embarquées, dites eSIM, qui permettent de se joindre à un réseau sans introduire le mini bout de carton habituel.

La technologie est encore peu utilisée. Au Canada, seul le réseau de Bell est compatible avec la carte eSIM des iPhone lancés cette semaine, et celle du Pixel 2, offert depuis l’année dernière, ne peut être employée qu’aux États-Unis avec le réseau Projet Fi de Google.

Apple mise beaucoup sur la eSIM, qui se retrouve d’ailleurs aussi dans ses tablettes iPad et son Apple Watch. Jusqu’ici, les opérateurs sont toutefois peu intéressés par cette technologie, puisqu’elle faciliterait pour les abonnés le passage d’un fournisseur à un autre.

Un voyageur pourrait en plus aisément s’enregistrer sur un réseau étranger pendant ses déplacements et ainsi diminuer ses frais d’itinérance. Rappelons qu’en 2016, les opérateurs canadiens ont amassé 960 millions de dollars de revenus en frais d’itinérance.

Est-ce que la pression d’un nouvel iPhone avec carte eSIM sera suffisante pour convaincre les opérateurs un peu partout dans le monde d’adopter la technologie ? Cela reste à voir.

La présence ou non d’une carte eSIM ne devrait pour l’instant pas constituer un enjeu de taille pour les consommateurs à la recherche d’un téléphone. Il faudrait toutefois réévaluer cette réalité si la technologie venait à gagner en importance au cours des prochaines années.

Gravure en sept nanomètres

Apple a annoncé cette semaine que son nouveau système sur puce Bionic A12, le cerveau de l’iPhone, sera le premier gravé en sept nanomètres.

La gravure en sept nanomètres réfère au procédé de fabrication des systèmes sur puce qui équipent les téléphones et ordinateurs portatifs. Un système sur puce est un circuit informatique qui contient différents éléments, comme le processeur central du téléphone et son cœur graphique, notamment. Plus une gravure est petite (on ne fait pas plus miniature que sept nanomètres à l’heure actuelle), plus les pertes énergétiques du système sont minimes.

Un processeur gravé en sept nanomètres peut offrir les mêmes performances que ses prédécesseurs, tout en consommant moins d’énergie et en occupant moins d’espace.

L’utilisateur ne remarquera pas l’influence de la gravure dans son usage de tous les jours de la même façon qu’il remarquerait la différence entre deux écrans. Cette amélioration permettra néanmoins la création d’appareils plus performants, plus minces ou dotés d’une meilleure autonomie.

Notons que l’avance d’Apple dans ce domaine sera de courte durée, puisque Huawei devrait offrir son propre système en sept nanomètres Kirin 980 le mois prochain. Les premiers téléphones Android avec la puce Snapdragon 855, aussi gravée en sept nanomètres, seront quant à eux lancés probablement au début 2019.

Processeurs dédiés à l’intelligence artificielle

Les systèmes sur puce des téléphones intelligents sont désormais munis de processeurs spécialisés conçus pour des tâches liées à l’intelligence artificielle. Ce sont eux qui permettent de reconnaître votre visage sur un iPhone, ou de capturer un joli portrait sur le Pixel 2.

Chaque fabricant de processeurs a adopté la technologie. Apple nomme la sienne Neural Engine, tandis que Huawei et Qualcomm ont préféré le nom Neural Processing Unit. Google a pour sa part doté son Pixel 2 d’une puce similaire, la Pixel Visual Core.

La présence de ces processeurs permet notamment d’effectuer de l’apprentissage machine directement sur le téléphone et non dans les serveurs d’une entreprise, comme c’est généralement le cas. C’est un atout intéressant pour la protection de la vie privée. Procéder aux calculs sur ces systèmes spécialisés déleste aussi le processeur principal du téléphone, qui est beaucoup plus gourmand.

La technologie risque d’avoir une importance de plus en plus grande dans les performances, la sécurité et l’autonomie des téléphones intelligents. Tout comme avec la gravure en sept nanomètres, ce sont toutefois des améliorations qui se déroulent en coulisse, et qui ne feront donc pas nécessairement pencher la balance lorsqu’un acheteur hésite entre deux modèles différents.

Technologie 5G

Après les réseaux 3G et LTE, c’est au tour des réseaux 5G de faire leur apparition.

La technologie, qui ne sera pas offerte avant environ 2020 au Canada, devrait permettre d’atteindre des vitesses plus rapides qu’à l’heure actuelle, mais surtout de connecter beaucoup plus d’appareils en même temps sur un réseau et de relier à Internet des gadgets variés, des capteurs pour l’agriculture aux voitures autonomes.

Aucun téléphone compatible 5G n’a été annoncé à ce jour, mais les premiers devraient être dévoilés au cours des prochains mois, puisque les composants nécessaires existent et sont présentement entre les mains des fabricants.

Il faut s’attendre à une course pour les premiers téléphones 5G chez certains fabricants, mais l’absence de réseaux utilisant la technologie signifie que l’intérêt pour les consommateurs sera pour l’instant très limité.