Ados, écrans et sécurité en ligne : les parents canadiens peuvent s’améliorer

Une nouvelle étude analyse l’utilisation des écrans et la sécurité en ligne des familles dans une dizaine de pays. Le Canada s’y démarque souvent, mais pas toujours pour les bonnes raisons.

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Les appareils connectés sont plus que jamais au cœur de la vie des adolescents et préadolescents, confirme l’étude McAfee 2022 sur les familles connectées, à paraître jeudi, pour laquelle 15 000 parents et 12 000 enfants de 10 à 18 ans ont été interrogés dans 10 pays, dont le Canada, le Royaume-Uni, le Mexique, l’Inde et le Japon. Pour les besoins du sondage, les parents y ont été interrogés seuls, puis des questions semblables ont été posées à leurs enfants. 

Ce sont 74 % des 1 164 préadolescents et adolescents canadiens sondés qui possèdent un téléphone intelligent. Cette moyenne est parmi les plus basses des pays participants (loin derrière le Brésil, par exemple, où 96 % des jeunes ont un tel appareil), mais il s’agit néanmoins d’un phénomène de taille.

Malheureusement, l’encadrement des jeunes laisse souvent à désirer, selon ce que l’on peut constater en analysant l’étude.

De mauvais modèles pour la sécurité

« Les enfants au Canada ont moins confiance en leurs parents pour assurer leur sécurité en ligne (NDLR : comparativement à ceux des autres pays sondés). Et les parents sont à la traîne par rapport à ceux dans le reste du monde quand vient le temps de prendre des précautions pour protéger leurs enfants », note la version canadienne de l’étude de McAfee.

Lorsque l’agence mandatée par McAfee a demandé aux enfants s’ils pensaient que leurs parents en connaissaient suffisamment pour assurer leur sécurité et protéger leur vie privée en ligne, seulement 57 % ont répondu par l’affirmative. Et 46 % des jeunes Canadiens interrogés estiment en savoir plus que leurs parents sur la vie en ligne (contre 35 % pour la moyenne des autres pays sondés). 

Évidemment, les adolescents de 2022 ne seraient pas les premiers à se croire plus fins que leurs parents. 

Chose certaine, selon l’étude, les parents canadiens installent moins de mesures de sécurité sur les appareils de leurs enfants que la moyenne des parents des autres pays sondés. À peine 28 % d’entre eux limitent par exemple les sites pouvant être consultés sur les ordinateurs, contre 33 % dans le reste du monde. 

Les parents canadiens ne s’assurent généralement pas que leurs enfants respectent certaines règles de sécurité de base, comme protéger leurs appareils avec des mots de passe, modifier ces derniers périodiquement, ou désactiver le partage de position de certains logiciels. Snapchat, par exemple, possède une fonctionnalité optionnelle permettant de savoir en tout temps où se trouve un utilisateur.

Seuls 31 % des parents canadiens parlent régulièrement de sécurité sur les téléphones intelligents avec leurs enfants, même s’il s’agit d’un domaine qui évolue constamment. Pourtant, en général, les enfants de 10 ans et plus considèrent que leurs parents sont les mieux placés (73 %) pour s’entretenir de ces questions avec eux, loin devant l’école (39 %). Autrement dit, les jeunes seraient ouverts à de telles discussions.

Par rapport au reste du monde, les parents canadiens surveillent aussi moins leur progéniture. Seulement 22 % d’entre eux, par exemple, consultent l’historique de navigation et les courriels de leurs enfants sur leur téléphone, contre 32 % à l’échelle mondiale. Ce dernier point n’est pas forcément négatif, cela dit, puisque la surveillance parentale a de bons côtés (surtout pour les plus jeunes, qui ne sont pas encore outillés pour affronter les dangers sur Internet), mais également des aspects moins appréciés (les plus vieux considèrent que la préservation du lien de confiance est importante).

Le cyberharcèlement, un angle mort

Toujours selon l’étude McAfee 2022 sur les familles connectées, 15 % des enfants au Canada auraient été victimes de cyberharcèlement, ce qui est légèrement mieux que la moyenne mondiale de 17 %, et beaucoup mieux qu’aux États-Unis, où 28 % en ont vécu.

Malheureusement, les jeunes ne se confient pas toujours à leurs parents lorsque cela se produit. Dans 20 % des cas de cyberharcèlement, les parents canadiens (qui étaient présents quand les questions ont été posées aux mineurs) n’étaient pas au courant des expériences vécues par leurs enfants, un pourcentage plus élevé qu’ailleurs dans le monde, selon McAfee (qui ne chiffre toutefois pas cette différence dans le compte rendu de l’étude).

Évidemment, encore faut-il que les préadolescents et adolescents soient ouverts à en parler. L’étude de McAfee révèle d’ailleurs que les jeunes masquent souvent leurs traces sur Internet, que ce soit en effaçant l’historique de leur navigateur Web (26 %), en supprimant des conversations dans les applications de messagerie (15 %), en mentant à leurs parents ou en omettant certains détails de leur vie en ligne.  

Les consoles de jeux ont leur importance

Le téléphone intelligent est l’appareil le plus important pour garder le contact avec sa famille (une opinion partagée par 50 % des parents et 53 % des enfants), mais un autre écran a aussi un potentiel intéressant, et sous-estimé par les parents : la console de jeux vidéos.

Si 32 % des enfants jugent que la console est importante pour l’unité familiale, à peine 18 % des parents en sont convaincus. C’est une différence de 14 % (un écart semblable à ce qui a été observé dans les autres pays, où il se situe à 16 %). Le jeu vidéo peut être un outil efficace pour rapprocher les familles. Et il semble que les jeunes en aient plus conscience que leurs parents.

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