Aidez l’OQLF à franciser cinq mots technos

Quelles sont vos suggestions en français pour selfie stick, digital afterlife, webrooming, binge watching et unboxing ?

«J’ai pris une photo avec un selfie stick en hommage à mon ami passé dans la digital afterlife, puis j’ai fait un peu de webrooming avant de binge watcher des vidéos d’unboxing sur YouTube.»
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Cette phrase — alambiquée, il est vrai — pourra bientôt être prononcée en français… en partie grâce à vous. Sur les 16 termes technos à franciser soumis par les lecteurs et journalistes de L’actualité, l’Office québécois de la langue française (OQLF) a en effet retenu selfie stick, digital afterlife, webrooming, binge watching et unboxing.

La sélection n’a pas été effectuée à la légère. «Nous avons appliqué les mêmes critères que si ces mots avaient été proposés via notre formulaire en ligne», explique Xavier Darras, coordonnateur de la production terminologique à l’OQLF.

Première étape : s’assurer que le besoin s’avère réel. Après tout, franciser un mot que personne n’utilise serait un exercice futile.

Les suggestions de L’actualité ont donc été comparées aux données des six derniers mois du Grand dictionnaire terminologique, l’outil en ligne où l’OQLF recense les termes francophones appropriés pour désigner les concepts nouveaux. Plus un mot non répertorié y est recherché, plus il sera traité en priorité par l’institution publique.

Dans notre liste, le mot glanceable n’a ainsi été cherché qu’une seule fois — par moi. Visiblement, la demande n’est pas très forte pour ce terme, qui qualifie un objet duquel on peut tirer des informations en un coup d’œil (comme une montre intelligente).

À l’opposé, binge watching et son équivalent, binge viewing, ont généré 26 occurrences. Un succès suffisant pour que l’OQLF s’intéresse à l’écoute en rafale des épisodes d’une série télé.

Les 22 recherches pour selfie stick, cet appareil qui permet de tenir son téléphone intelligent à quelques mètres pour prendre des photos — généralement de soi —, de même que les 16 pour webrooming (soit l’action de magasiner un produit en ligne avant de l’acheter en boutique), ont également permis à ces mots de figurer parmi les finalistes.

La seule popularité ne suffit toutefois pas : l’OQLF ne veut pas créer des mots pour voir ceux-ci devenir désuets une fois la mode passée. «Ce critère n’est pas toujours facile à évaluer, mais entre deux dossiers à traiter, nous privilégions celui qui nous semble le moins éphémère», indique Xavier Darras.

Par exemple, plusieurs variantes de selfie ont vu le jour récemment, dont shelfie, où les gens photographient leur bibliothèque, et smelfie, où des papas capturent leur grimace tandis qu’ils changent la couche nauséabonde de leur petit. «Des jeux de mots qui auront probablement une courte durée de vie», croit le linguiste. Notre suggestion de franciser groufie, un égoportrait de groupe, et vifie, un égoportrait en vidéo, ont donc été mises de côté.

Unboxing, lui, semble être là pour durer. Ce phénomène, qui consiste à se filmer en ouvrant l’emballage d’un produit, puis à en diffuser le résultat en ligne, est né dans le milieu techno. Loin de se tarir, la pratique s’est répandue notamment auprès des enfants avides d’œufs-surprises. D’où l’importance de lui trouver un équivalent français.

Même chose pour digital afterlife. Plusieurs personnes se demandent ce qu’il advient de leur vie numérique après leur décès : les médias en parlent depuis des années, et des entreprises offrent même des services de succession numérique. Bref, il est temps de franciser ce concept.

Like-bait n’a pas eu droit au même sort. Ce mot, qui désigne du contenu créé uniquement dans le but de générer des «J’aime», est spécifique à une société : Facebook. Or, l’OQLF ne traite pas la terminologie propre à une entreprise, aussi grande soit-elle.

Parfois, la création d’un nouveau mot n’est tout simplement pas la bonne piste à suivre, «surtout lorsque ceux-ci ont une faible charge sémantique», dit Xavier Darras. C’est le cas d’une de nos suggestions, solutionism. Même en anglais, ce mot nécessite une explication : il s’agit de la croyance selon laquelle tout problème a une solution technologique.

Plusieurs lecteurs ont également proposé de franciser smartphone, bien que l’OQLF recommande déjà «téléphone intelligent». «Ce n’est pas un instrument “intelligent”: il ne réfléchit pas par lui-même», écrit Laurent Lessard sur Facebook. «C’est un «calque “cheap” de smartphone», renchérit Claude Robert sur le site de L’actualité. «Par respect pour l’intelligence, on doit faire un effort pour mieux traduire ce terme», ajoute-t-il.

Lorsque l’OQLF s’est penché sur le mot smartphone en 1997, le qualificatif «intelligent» était déjà «très répandu pour désigner des objets qui collectent des données et effectuent des actions de manière autonome, rappelle Xavier Darras. On parlait déjà de ville intelligente, de maison intelligente, de voiture intelligente…» Une définition qui était aussi reconnue par Le Petit Robert et Le Petit Larousse à l’époque.

Téléphone intelligent était donc un choix naturel «qui est depuis passé dans l’usage», souligne Xavier Darras. Notez que si vous voulez être original, l’institution publique suggère trois autres termes, dont «ordiphone». Depuis 2009, la Commission générale de terminologie et de néologie, en France, propose quant à elle «terminal de poche».

Aujourd’hui, vous avez le privilège de faire part de vos suggestions à l’OQLF avant que ses linguistes francisent selfie stick, digital afterlife, webrooming, binge watching et unboxing. Soyez créatif et soumettez vos idées en cliquant sur la boîte «Laisser un commentaire» ci-dessous. D’avance, merci !

 

Les mots à franciser suggérés par les lecteurs et journalistes de L’actualité

Mot

Définition

Glanceable Caractéristique d’un objet duquel on peut extraire des informations en un coup d’œil.
Like-bait Contenu créé spécifiquement pour générer des «J’aime» sur Facebook.
Solutionism Croyance voulant que tout problème ait une solution technologique.
Reverse showrooming ou webrooming Magasiner en ligne avant d’acheter en magasin.
Smartphone Téléphone intelligent.
Binge watching ou binge viewing Regarder les épisodes d’une série en rafale.
Vifie Égoportrait en vidéo.
Groufie Égoportrait de groupe.
Teledildonics Le secteur des objets sexuels connectés.
Listicle Article rédigé sous forme de liste.
Digital afterlife La vie sur les réseaux sociaux après sa mort.
Photo bombing Saboter volontairement une photo en s’insérant dans le cadre.
Cupertino effect Tendance des autocorrecteurs à remplacer des mots avec des termes inappropriés ou erronés.
Unicorn Jeune pousse (startup) dont l’évaluation dépasse le milliard de dollars.
Unboxing Se filmer en ouvrant l’emballage d’un produit, puis diffuser le résultat en ligne.
Selfie stick Appareil qui permet de tenir son appareil intelligent à quelques mètres afin de prendre des photos — généralement de soi.

[Correction : la version originale de ce billet mentionnait que le mot «téléphone intelligent» avait été proposé par l’OQLF en 2010 plutôt qu’en 1997. Nos excuses.]

* * *

À propos de Marc-André Sabourin

Journaliste indépendant, Marc-André Sabourin collabore à L’actualité depuis cinq ans, où il écrit régulièrement sur la technologie et l’entrepreneuriat. Il est coauteur du livre Dans les coulisses d’Enquête et siège au Conseil de presse du Québec. On peut le suivre sur Twitter : @MA_Sabourin.

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Je considère la plupart des mots proposés comme étant inutiles.

Téléphone intelligent est déjà le mot le plus utilisé. Mais c’est vrai qu’ordiphone aurait été un meilleur mot. On pourrait accepter les deux.
D’autres ont selon moi des traductions évidentes. Selfie est déjà traduit par égoportrait. On dira donc bâton à égoportrait. Unboxing n’est pas un terme spécifique au fait de mettre un vidéo en ligne. C’est simplement déballer ou peut-être même déboiter dans certains cas? Pas besoin de nouveau mot. Solutionism est inutile, mais solutionisme serait la traduction évidente au cas où on voudrait traduire ce mot.

« Unboxing n’est pas un terme spécifique au fait de mettre un vidéo en ligne. C’est simplement déballer ou peut-être même déboiter dans certains cas? »

C’est un nouveau sens qui est donné à un mot déjà existant. Ce sens n’existe pas en français.

Bonjour,

Humblement, rapidement, quelques suggestions.

Pour « digital afterlife » :
– cyberrémanence
– rémanence virtuelle/numérique
– presence numérique/virtuelle posthume

Pour « webrooming » :
– lèche-vitrine virtuel

Pour « binge watching » :
– vidéophagie intensive/compulsive
– accès de vidéophagie
– accès vidéovore

Merci de votre attention.

Salutations distinguées,

Godefroi Godbout

Mes suggestions pour alimenter la discussion
Selfie stick : perche autophto ou egoportrait
Digital afterlife : vie numérique posthume
Webrooming : lèche-web ou lèche-vitrine web
Binge watching : visualisation en rafale
Unboxing : videodéballage

Mes suggestions :
Pour »webrooming » : »lèche-toile ».
Pour »selfie stick » : »tête chercheuse », ou »égo-perche ».
Pour »digital afterlife » : »les limbes numériques ».
Pour »unboxing » : »égo-déballage », ou »nature morte numérique ».
Pour « binge-watching » : »boulimie télévisuelle ». Wikipédia propose déjà quant à lui »gavage télévisuel ».

Il vaudrait mieux traduire un mot par un mot et non par une expression. Si on veut que ce mot soit adopté (par les jeunes, surtout, qui le transmettront aux générations futures), il doit être simple tout en décrivant bien ce qu’il représente. On n’a qu’à penser à certaines traductions qui sont « passées dans l’usage » : courriel, mot-clic et clavardage sont des mots somme toute simples et faciles à retenir comportant un maximum de 4 syllabes et qu’on peut, dans 2 des trois cas, associer à un mot déjà existant par la ressemblance entre les deux. Dans ce contexte, je proposerais humblement les traductions suivantes :

Selfie stick –> Égobaguette (facile à associer à égoportrait)

Listicle –> Tel quel. Il a le même sens en français et se prononce facilement.

Glanceable –> Survolable?

Je seconde l’intervenant Ted pour ordiphone.

Unboxing –> déballage ou désemboîtage (en partant du principe que le Larousse définit l’emboîtage comme étant :
– « Assembler, ajuster, joindre deux pièces, de telle sorte que l’une entre dans l’autre, s’adapte à l’autre : Emboîter un tenon dans une mortaise.
– Mettre quelque chose dans une boîte, en particulier des aliments dans une boîte de conserve : Emboîter des carottes.
– Envelopper exactement quelque chose, le mouler. »

Les nuances « d’ajustement », d’adaptation d’une pièce à une autre et la troisième définition d’« envelopper exactement » décrivent bien les emballages d’aujourd’hui. La distinction pourrait se faire avec déboîtage, qui sous-entend plutôt quelque chose qu’il est difficile de retirer du lieu où il se trouve : retirer un objet encastré et « faire sortir un os de son articulation » requièrent une certaine force, ce qui apparaît peu compatible avec l’action de retirer un objet d’une boîte (du moins, on le souhaite!). Comme l’a souligné Ted, « Unboxing » n’est pas un terme spécifique au fait de mettre la vidéo en ligne alors on pourrait faire de même en français.

Digital afterlife –> souvenir numérique parce que « souvenir » signifie à la fois « survivance dans la mémoire », « faculté de se rappeler » et « objet qui rappelle la mémoire de quelqu’un ».

Bien humblement,

Voici mes propositions:

Égo-perche
Au-delà numérique
Magasinage en ligne
Visionner en rafale
Vidéo-déballage

C’est simple comme bonjour !

Mes suggestions :

Pour « like-bait » : « comme appât »
Pour « webrooming » : « magasinage inverse »
Pour « digital afterlife » : « une autre vie numérique »

Merci.

J’opterais pour des termes simples que les gens retiennent facilement, comme :

selfie stick : bras d’égoportrait
digital afterlife : empreinte numérique (posthume)
webrooming : lèche-vitrine virtuel
binge watching : visionnement en rafale (me semble tout naturel)
unboxing : Web-déballage

Ces tentatives sont loin d’être satisfaisantes, mais pour alimenter l’imagination des linguistes:
Selfie stick: automire pour ne pas dire un « Narcisse »
Webrooming: toilèche
Like-bait: accroche-coeur
Solutionism: technoréflexe
Glanceable: oeillable (vs oeillade, qui suppose une connivence)

Se filmer en ouvrant l’emballage un produit, puis diffuser le résultat en ligne.

Se filmer en ouvrant l’emballage D’un produit, puis diffuser le résultat en ligne.

Je vous fais seulement part d’une erreur dans le tableau à la fin de votre article.

C’est corrigé. Merci beaucoup de nous avoir signalé l’erreur!
Bonne journée à vous.

Digital Afterlife: Cyberlimbes
Binge viewing: Rafalage
Selfie stick: Photoperche
Unboxing: Vidéodéballage
Webrooming: Cyberlèchevitrine.

Quant au téléphone dit «intelligent», pourquoi pas «polyphone» qui serait le retour dans le modernisme d’un vieux mot tombé presque en désuétude? Juste à voir les images qui ressortent quand on tape «polyphone» sur Google, on comprend que ce mot ne souffrirait pas de se voir attribuer une autre acception.

selfie stick : égoperche
digital afterlife : présence numérique posthume (ou cendres numériques pour les esprits poétiques)
webrooming : prémagasinage en ligne
binge watching : visionnage en rafale (ou boulimie télévisuelle pour les émotifs)
unboxing : déballage en ligne

Je me dépêche de compléter mes tâches de la journée et je me lance dans mes suggestions dre-là !!

Par contre, dans l’immédiat, j’aimerais beaucoup que l’OQLF révise sa décision de ne pas se pencher sur l’expression « Like-bait », puisque la raison donnée est erronée : la fonction « Like / J’aime » ne se retrouve pas seulement sur Facebook.

Un rapide tour de la plupart des plus populaires sites du Web 2.0 montre que cette fonction est très fréquente, pour ne pas dire généralisée. LinkedIn, Instagram, Youtube, Vimeo, Buzzfeed, la plupart des médias sociaux l’utilisent, sinon, ils se servent d’une version renommée de la même fonction : Google+ a son « +1 », Pinterest a son « Pin It », Twitter et Etsy, comme plusieurs autres, ont leur « Favori »…

Wikipedia fait erreur quand il donne l’article « Like (Facebook) » comme la version française de l’article « Like Button » en anglais :

en.wikipedia.org/wiki/Like_button

«Perche à égoportrait» pour «selfie stick », «visionnage en rafale» pour « binge watching » sont proposés dans Termium.

Voici mes suggestions :

selfie stick : perche pour autophoto
digital afterlife : au-delà numérique
webrooming : sélection en ligne
binge watching : rafale d’épisodes
unboxing : déballage en ligne

Smartphone
Pourquoi pas l’appeler téléphone superfonctionnel, téléphone multifonctionnel, ou bien téléphone plurifonctionnel…..

Parce que ça ne sonne pas vraiment bien? C’est vrai que c’est plus descriptif que téléphone intelligent, mais si vous voulez que le terme soit adopté dans le vocable des gens, il faudrait que ça sonne autrement que si ça sortait tout droit d’un livre sur la gestion des systèmes téléphoniques.

Rassurez-moi, l’objectif ici est de trouvé une traduction à ces termes et non de faire accepter tel quel ces terme comme étant « français ». Trop souvent les termes sont purent et simplement accepter tel quel. Le fait de chercher et créé des équivalent en français à ces termes donne parfois un résultat un peu ridicule. Par exemple: « egoportrait », bien d’exact en sens et en définition. La sonorité même du mot est particulière. Je le visualise mal dans une phrase de tout les jour. Même je préfère un terme à la sonorité étrange mais bien français plutôt qu’une acceptation du terme anglais comme étant français. Il est vrai qu’à l’oral, on utilise plus fréquemment des termes anglophone accepter ( comme parking, par exemple). Mais il est rassurant de savoir qu’un vrai terme français existe.

Propositions de termes pour l’OQLF :
Digital afterlife : limbes numériques
Selfie stick: perche pour égoportrait

Pourquoi pas «magasineter» pour webrooming qui serait un verbe alliant magasiner et «net» de Internet.

Pour « Selfie stick », il me semble que « perche photographique » serait approprié, non ? 🙂

Je suggère, pour binge watching: gavisionner. Comme dans: « I binge watched Netflix all weekend » = « J’ai gavisionné toute la fin de semaine. »
Pour digital afterlife: vie d’outre-toile.
Et j’appuie fortement les expressions égo-perche et lèche-toile.

selfie stick : Perche à selfie
digital afterlife : Webtarium
webrooming : Lèche-écran
binge watching : Vidéophagie
unboxing : Déballage vidéo

Pour « téléphone intelligent » > un « intelliphone », plus court que « téléphone intelligent ».
« Selfie stick » > une « égoperche »
« Glanceable » > quelque chose de « panoramable »
« Digital afterlife » > « Cyber-au-delà »… voire « cyberposthune » (adjectif)

Pourquoi perdre son temps à inventer des expressions que personne n’utilisera.

Le Français est une langue en nette perte de vitesse et disparaîtra du paysage d’ici 2 à 3 générations. Comme le Latin.

François 1 qui nous démontre une fois de plus qu’il n’y a seulement que lui qui peut le battre dans un concours d’inepties.

1- Le latin a été vivant pendant plus d’un millénaires. L’anglais ne peut pas encore en dire autant, même si on remonte au vieil anglais que plus personne ne parle aujourd’hui.

2- Le latin a évolué vers plusieurs langues, dont le français. C’est probablement la langue la plus influente de l’histoire après ce language indo-européen qu’on ne connaît pas, mais qui a laissé des traces presque partout.

3- Certains démographes affirment que le Français va supplanter l’anglais en nombre de locuteurs primaires d’ici quelques décennies. Ce qui est logique puisqu’aucun pays où l’anglais est une langue dominante n’a de taux de natalité très élevé, contrairement au français en Afrique.

Selfiestick : perche à égoportraits
Digital afterlife : purgatoire numérique
Webrooming : lèche-vitrine en ligne
Bingewatching : visionnage en rafales/dévoration télévisuelle
Unboxing : cghuejvher (lui donner un nom imprononçable tuera peut-être cette pratique)

Digital afterlife = vie virtuelle éternelle
Webrooming = repérage en ligne
Binge watching = addiction aux séries TV ou orgie de vidéos (ou de télé)
Unboxing = déballage de boîte en ligne ou déballage de produits en ligne

Ou tout simplement
Déballage en ligne pour Unboxing

Et j’aime bien aussi Cyberlimbes qui est très évocateur.

La vie virtuelle n’est pas forcément éternelle, en fait, je crois que c’est surtout le contraire. Hormis quelques personnes qui vont continuer d’écrire à la personne décédée parce qu’elles ont de la difficulté à dire au revoir, l’individu n’existe tout simplement plus dans la vie virtuelle. Et je ne crois pas que les comptes vont rester actifs éternellement non plus.

Pourquoi pas…
– égoperche (selfie stick)
– au-delà virtuel (digital afterlife) – quoique cyberrémanence c’est chouette!
– lèche-vitrine en ligne/virtuel
– accès de vidéophagie / visionnement compulsif (binge watching)
– dévoile-achat (unboxing) (ou « excès de joie purement consumériste sur réseaux sociaux », mais c’est un peu long et connoté… 😉

WEBROOMING

Je crois que ‘lèche-écran’ est fort. Pour traduire ‘showrooming’ j’avais pensé il y a peu à ‘parcourse’, suggérant le verbe ‘parcourir’, l’idée d’une étape intermédiaire et bien sûr les ‘courses’. Pour préciser le contexte ici on dirait ‘parcourse en ligne’.

SELFIESTICK

Je ne vois pas pourquoi il est forcément nécessaire de dire à quoi sert ce dispositif. On peut dire ‘gomme’ sans toujours l’accompagner de ‘à effacer’, ou ‘canne’ sans dire ‘pour aider qqn à marcher’. Je dirais que ‘perche’ suffirait.

DIGITAL AFTERLIFE

On va se contenter d’une traduction assez directe car on veut conserver l’imagerie de l’anglais. J’adore le mot ‘au-delà’, donc ‘l’au-delà numérique’.

BINGEWATCHING

Il semble que beaucoup se sentent déjà à l’aise avec ‘— à la rafale’, auquel j’ajouterais la possibilité de ‘à la chaîne’. J’aimerais aussi faire remarquer que la francisation de ‘binge drinking’ par l’Académie française (appuyant sur ‘express’) est erronée. Je crois que la traduction basique pour ‘binge —’ doit être ‘— à outrance’, car il s’agit de l’excès au lieu de la vitesse.

UNBOXING

Je me demande s’il n’est pas possible de façonner quelque chose à partir du verbe ‘étrenner’ (comme ‘étrennage’), dont un des sens est ‘en faire usage pour la première fois’ et qui est bien sûr lié au fait d’ouvrir des cadeaux. Sinon j’imagine que ‘déballage’ conviendrait sans soucis.

SMART, SMARTPHONE

Dans le cas de certains appareils ou systèmes il ne s’agit pas de quelque chose particulièrement intelligent par rapport à l’homme typique, mais simplement de sa capacité de réagir aux conditions ou aux données. Le participe présent ‘pensant’ aurait donc d’utilité.

L’adjectif ‘sorcier, -ière’ serait une solution encore plus magique, le retour en force d’un mot devenu moins fréquent de nos jours, vu la rareté des sorciers et sorcières et le déclin de la sorcellerie en général!

Et pour revenir à ‘smartphone’, mais sans quitter le féerique, un seul mot comme ‘génie’ aurait suffi. C’est-à-dire, quelque chose doté de pouvoirs surnaturels, qui sait tout faire, qui exauce vos désirs … mais en se glissant dans la poche retourne d’où il vient.

GLANCEABLE

J’imagine que le terme sera ‘commandé à l’œil’, mais je dois admettre que ‘œillable’ m’a plu!

Voici des suggestions pour la liste de l’actualité

Glanceable: Un objet évidenciel
Like-bait: Un trompe-j’aime (sur le modèle de trompe-l’oeil)
Solutionism: Le techno-solutionisme
Smartphone: Un ordiphone
Vifie: Une égovidéo
Groufie: Un mecum-portrait (du latin mecum « avec moi »)
Teledildonics: La dildonique
Listicle: Un article-liste
Photo bombing: Un égosabotage photo
Cupertino effect: Un autocorrecteur fautif est un autofauteur
Unicorn: Une corpo-licorne

Juste un dernier petit commentaire. Je ne crois pas que dans «digital after-life», on parle réellement de l’au-delà, mais en fait des traces que l’on laisse derrière soi, dans le monde des vivants, après sa mort. J’opterais donc pour «empreinte numérique» ou autre chose qui ait ce sens. 🙂

Vous avez la suggestion qui correspond le plus à la réalité. Moins accrocheur, mais précis.

Autre suggestion pour digital afterlife :
Ethernité

…. en référence à ethernet et éternité.

C’est n’importe quoi de chercher à traduire ces mots là!

Les mots de notre langues sont les vecteurs de nos idées, de notre façon de concevoir le monde. En traduisant « Selfie-stick», on se l’approprie et …cette ânerie fera partie d’une réalité francophone après!

Moi, je ne crois pas que le monde francophone ait quoi que se soit à voir avec un demeuré qui se prend en photo avec un perche! On a une histoire, une littérature, des valeurs qui n’ont rien à voir avec cette espèce de culture de l’égocentrisme américain.
Montrer son bel achat dans un «unboxing», magaziner en ligne, etc. Toutes ces merveilleuses vidéos exaltent le matérialisme et l’individualisme et on s’empresse de les copier. Je ne vois pas pourquoi je devrais m’inféoder à ce type de pratiques!

L’OQLF a-t-elle vraiment l’impression de faire progresser la langue française en introduisant, par le biais de néologismes, des concepts étrangers qui nous enferment toujours plus dans cette oppressante idée de la consommation?

Les principaux sites touristiques d’Europe sont déjà pris d’assault par des vendeurs ambulants de ces bidules … et je ne vous tend pas une perche ! Il faut bien pouvoir décrire le phénomène (sans pour autant le cautionner en ce faisant).

Pour BINGE WATCHING je propose: COMPULSIVISER

pour DIGITAL AFTERLIFE je propose : REMANATIQUE

pour UNBOXING je propose VIDEMONTRER

pour WEBROOMING je propose E-TOILONAGE

pour SELFIE-STICK je propose PERCHEGO

Suggestions :
Pour selfie stick : perche narcissique
Pour binge watching : indigestion télévisuelle
Pour digital afterlife : vie numérique après la mort
Pour unboxing : déballage public
Pour webrooming : aucune idée!

Digital afterlife pourrait être « postérité numérique » ou « numéri-postérité » ou « postéri-numéralité » ou encore « après-vie numérique ». Binge watching pourrait être « Rafalo-visualisation »…

Bien cordialement,
Olivier Lachance

Oups… Ce n’est pas numéralité mais bien numéricité…
Désolé pour l’erreur…
Cordialement, Olivier Lachance

À trop vouloir pousser la note pour inventer des termes francophones différents de ceux en anglais, on risque davantage de nuire au français. Pourquoi ne pas tout simplement reconnaitre ces mots dans la langue fançaise? Je trouve triste de voir ce mépris de tout les termes venant de l’anglais comme si cette langue était celle du diable. Combien de termes viennent du latin, du grec et ont été conservés en français? Et puis même de l’arabe (généralement des mots commençant en « al »), du russe et même plus récemment du japonais (sushi par exemple) ou de l’italien (pizza).

Je ne vois pas de mal à reconnaitre un mot anglais comme étant français, et du coup rendre la langue française beaucoup plus simple d’apprentissage pour les immigrants qui tentent de la comprendre. Qu’une élite linguistique tente de tout remodeler plutôt que d’accepter l’adaptation naturelle d’une langue, voilà la meilleur façon de rendre le français inaccessible et d’en réduire le nombre d’adeptes.

Ma suggestion est donc de reconnaitre comme étant français le photo bombing, et peut-être l’anglais puisera-t-il également dans le lexique français pour y prendre quelques mots, ce qui en bout de ligne ne fera que faciliter la communication entre les peuples.

Au peuple de reprendre les rênes de sa langue!