Je gagne 27 000 dollars par année. Et vous ?

Des internautes luttent pour l’équité salariale en dévoilant leur salaire annuel sur Twitter.

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«Journaliste pigiste, basé à Montréal, six années d’expérience, 27 000 $/an. #talkpay». Avec ce gazouillis, lancé sur Twitter en même temps que ce billet, je brise un des derniers grands tabous : parler publiquement de mon salaire.

Je ne suis pas seul. Depuis le 1er mai dernier, jour de la fête du Travail, des milliers d’internautes diffusent leur profession, leur expérience et leur rémunération annuelle dans la twittosphère avec le mot-clic talkpay (parlons salaire). L’objectif : équilibrer le pouvoir de négociation entre employeurs et employés.

«Mesurer ses compétences par rapport à celles de ses collègues est facile, car vous les voyez tous les jours», explique par courriel l’instigatrice du mouvement, Lauren Voswinkel. Mais connaître sa valeur s’avère une autre paire de manches. Quelle est la dernière fois que vous avez discuté de votre salaire annuel autour de la machine à café ?

Et la gêne n’est pas qu’avec les collègues. Nombreux sont ceux qui, particulièrement pour leur premier emploi, n’osent pas négocier au moment de leur embauche. «Ils ont l’impression, surtout depuis la crise économique de 2008, qu’ils doivent être reconnaissants d’avoir un job, peu importe les conditions», écrit Lauren Voswinkel.

Résultat : il y a fort à parier que votre voisin de bureau, à compétences et à responsabilités égales, n’a pas la même rémunération que vous. Peut-être gagne-t-il moins. Peut-être gagne-t-il plus. Un déficit d’information qui ne profite qu’aux entreprises.

Lauren Voswinkel en a elle-même payé les frais. Après des années à gagner un salaire oscillant entre 48 000 et 55 000 dollars, cette programmeuse américaine a découvert qu’elle était largement sous-rémunérée par rapport à ses collègues. «J’ai négocié beaucoup plus serré lorsque j’ai changé d’emploi par la suite», dit-elle. Aujourd’hui, elle touche 122 000 dollars par an pour un travail semblable, soit plus du double.

En 2014, elle a partagé son expérience lors d’une conférence éclair. «J’étais incroyablement nerveuse. […] Mais après avoir dévoilé mon salaire devant des centaines de personnes, j’ai partagé le micro avec la foule, et d’autres m’ont imitée. […] Je n’ai jamais entendu des applaudissements aussi forts.»

Cette année, pour joindre un plus grand public, Lauren Voswinkel a lancé un appel à l’action en ligne et s’est engagée à tweeter sa rémunération le 1er mai. Le jour venu, elle a plongé, et des milliers de personnes l’ont suivie. «La réaction m’a soufflée […]. Et c’est incroyable de voir la conversation continuer près d’une semaine après le lancement du mot-clic !»

#talkpay

Pour le moment, la réponse semble surtout provenir du secteur techno. Mais la programmeuse insiste sur le fait que le mot-clic s’adresse aux gens de tous les milieux, de toutes les races et de tous les genres. «C’est une tentative pour briser un tabou, montrer que cette discussion peut et doit avoir lieu, et que nous en bénéficierons tous.»

Le secret qui entoure la rémunération annuelle demeure toutefois fort, et la peur de le briser publiquement est bien réelle. Certains craignent la réaction de leurs proches ; d’autres, les répercussions de leur employeur. Pour s’exprimer anonymement, ils peuvent se tourner vers @talkpayBot sur Twitter.

Depuis le 1er mai, ce compte tweete automatiquement tous les messages privés qui lui sont envoyés avec le mot-click talkpay. L’identité est maintenue, mais le tabou est rompu.

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10 commentaires
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c’est tu moi ou j’ai l’impression que nous au Québec on travail pour pas gros…

Tas rien compris, on paie trop d’impôts, c’est ça le problème! [fin du sarcasme]

Si vous considérez payer trop d’impôts Simon-Pierre Lussier c’est que vous devez en payer je suppose. Si c’est le cas c’est que vous avez des revenus en conséquence. Ceux qui n’en paient pas eux, c’est qu’ils ont des revenus en dessous du seuil de la pauvreté ou qu’ils trichent légalement ou non et qu’ils sont des criminels.
J’aimerais bien payer des impôts, beaucoup d’impôts.
J’en ai d’ailleurs payer beaucoup pendant près de 50 ans. Proportionnellementtoujours beaucoup plus que les mieux nantis en tout cas.
Aujourd’hui à la retraite, avec les revenus minimaux d’un retraité pensionné de la régie des rentes et de la pension de vieillesse du Canada, je serais heureux de payer des impôts ce qui serait donc en conséquence des revenus plus élevés.
Peu importe vos opinions, la réalité, c’est que depuis les dernières cinquante années, les impôts réels payés par les mieux nantis, les hauts salariés et les compagnies n’ont jamais cessé de diminuer et n’ont jamais été aussi bas et ceux des autres n’ont jamais cessé de croître pour compenser le manque à gagner.
p.s.: Mon conjoint est mort il y a 2 ans. À deux nos revenus minimaux de pensions nous auraient été suffisants, sans être riches pour autant. Si mon conjoint avait eu des revenus d’un REER par exemple, le reste de celui-ci qu’il n’avait pas touché aurait été légué à ses ou son héritier. Pourquoi celà n’est-il pas le cas avec la Régie des rentes du Québec ou la pension de vieillesse du Canada? L’argent accummulé dans ses fonds publics dédiés, le sont par les travailleurs par le billet des impôts, mais qui plus est,en plus par le billet d’un montant spécifique et proportionnel déduit de leurs payes. Cet argent devrait revenir à ceux qui l’ont payé ou à leurs héritiers. Voilà de quoi contre quoi se plaindre, pas des impôts! Les impôts servent à payer pour des services indispensables comme les routes que tout les citoyens utilisent, mais aussi pour des services sociaux, et une répartition de la richesse…ce qui est cependant de plus en plus à sens unique. Il y-t-il de l’abus et de la mauvaise administration ainsi que toutes sortes d points à remettre en cause? Oui! Voilà ce qu’il faut dénoncer et questionner!
Paradis fiscaux, détournements multiples des revenus et des chiffres d’affaires pour éviter de payer sa part d’impôts: voilà ce qu’il faut dénoncer! Plusieurs millions, voir dizaines et même centaines de millions en revenus de travail pour quiconque fut-ce-t-il pdg d’une multi-nationale, d’une institution financière ou un pousseux de ballons ou de pucks, voilà ce qu’il faut refuser! Entre autres…

Vous avez à moitié raison (et à moitié tord).

La disparité entre les riches et les pauvres a beaucoup aumenté depuis un bon moment. Exemple, j’entendais dernièrement à R-C où ils discutaient des résultats d’une étude: depuis 2008, le salaire des pdg au canada a augmenté deux fois plus que le reste des salariés.

Par contre, c’est pas mal partout comme ça. En fait, le Québec avec ses politiques un peu plus socialistes s’en tire plutôt bien (lire: cette augmentation de la disparité entre les riches et le reste a moins augmentée). Si ça peut nous consoler.

Remarquez, il semble (l’avenir nous le dira) que ça commence à se rebeller pour les pdg car les actionnaires trouvent que ça capitalise pas mal de ressouces et que ce n’est pas justifié. Quand tu coûtes 100 000, 200 000$ par jour…

Un article très intéressant:
http://www.lactualite.com/societe/legalite-a-bien-meilleur-gout/

Partout en Occident, la classe ouvrière travaille fort juste pour survivre. Les seuls qui s’enrichissent sont les 10% qui profitent à fond du système.
Heureusement qu’il y a encore des programmes sociaux pour arrondir les coins parce qu’on serait vraiment dans la misère. Mais pour combien de temps encore?

La raison pour un bon salaire, c’est pas compliqué. En te payant ´´x’´$, ton patron espère en faire y+x, et faire un profit. Chaque département de ressources humaines fait ce calcul – avoué ou non! Donc, si tu espère plus de sous pour ton travail, trouve comment ton organisation valorise tes efforts et ce que tu contribues. Pas toujours facile bien sûr, mais il faut que tu saches pour déveloper les bons talents, les faires valoir et négotier en connaissance de cause.

Si tu ne sais pas, ton patron aura de la difficultée à valoriser ta contribution et va te payer le moins possible.

En affaire, on obtient ce que l’on négocie, pas ce que l’on pense mériter. Travailler veut dire échanger son temps contre de l’argent. Donc on vends un bien. Si les gens veulent une rémunération plus élevée pour le même effort, ils ont un boulot a faire pour y arriver, et un effort pour y demeurer. Je fais beaucoup plus que la moyenne. Mais pour y arriver j’ai bossé très fort et je continue a le faire semaine après semaine pour y demeurer.

Votre 27 000$ c’est après les taxes? Je rêve d’être pigiste depuis des années, mais je viens d’en prendre un coup en consultant cet article.

p.s.: L’autonomie et le travailleur indépendant, l’entrepreneurship si vanté et favorisé par les employeurs et leurs valets promotionnels et publicitaires n’a pas été pensé pour le profit tout azimut de ces travailleurs qui choisissent ce mode de travail pour pour les plus grands avantages et le plus grands profits des employeurs. Évidemment que certains, une minorité y trouvent leur compte et leur bonheur mais ce sont des exceptions. Le libre marché partout et en tout présente des avantages et des profits…pour ceux qui en ont le plus et qui en veulent toujours plus. Le travailleur autonome a peu de pouvoir, de pouvoir de négociation et à part des supers vedettes qui pour le temps qu’elles le seront auront plus d’avantages, la plus grande part reviendra toujours à l’employeur qui gardera ainsi toujours et toujours plus avec ce système la plus grande part du gâteau de chacun.