Laval : un parc du futur grâce au MIT

Le nouveau quartier de l’innovation accueillera des logements et des entreprises, mais surtout un immense parc à la fine pointe de la technologie. 

Un des concepts développé pour le futur parc du Carré Laval. Photo : Senseable City Lab.

Un parc au design réfléchi, qui répond aux besoins des citoyens modernes : voilà l’objectif à atteindre avec l’immense espace vert imaginé au Senseable City Lab du Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui accompagnera le futur quartier de l’innovation à Laval.

Situé à l’angle de l’autoroute 15 et du boulevard Saint-Martin, ce quartier de près de quatre millions de pieds carrés (l’équivalent du parc La Fontaine à Montréal) se veut un espace mixte qui accueillera d’ici quelques années de 2000 à 3000 logements, des entreprises technologiques et un parc à la fine pointe de la technologie.

« On veut que le parc ait un pouvoir d’attraction pour les visiteurs et les entreprises dans le quartier », explique Nadine Bernard, directrice au Bureau du développement du Centre-ville à la Ville de Laval.

Le futur quartier de l’innovation, à Laval. Photo : Google.

Pour concevoir un parc à la hauteur de ses ambitions, la Ville s’est associée en 2019 au Senseable City Lab du MIT, un laboratoire « d’imagination urbaine et d’innovation sociale » qui aide deux villes par année à imaginer des projets innovants grâce au design et à la science. Ce laboratoire aide par exemple la Ville d’Amsterdam à mettre en place un système de bateaux autonomes pour ses canaux.

Pour les chercheurs du MIT, le projet de Laval, avec ses usages multiples et son immense parc qui devrait occuper la moitié du territoire, est idéal pour réimaginer le futur des espaces publics.

« La dynamique qui entoure les parcs et les espaces publics a beaucoup changé. Ce ne sont plus seulement des endroits pour le repos et le plaisir », explique Ricardo Alvarez, chercheur au Senseable City Lab. La connectivité omniprésente et les appareils mobiles font que les parcs sont par exemple de plus en plus utilisés pour les rencontres et le travail.

Au cours de la dernière année, six étudiants universitaires de deuxième cycle du laboratoire ont planché sur le projet, en collaboration avec la Ville et différents groupes de citoyens. Le laboratoire présente mercredi dans un livre d’une centaine de pages six différents concepts qui pourront être utilisés dans le futur parc.

Pour les chercheurs de l’université américaine, ces concepts sont toutefois secondaires. « Ils vont continuer d’évoluer. Et peu importe le produit final, le plus important est surtout le processus qui a mené à leur réalisation », précise le chercheur Fabio Duarte.

Avant d’aboutir à ces six idées, le Senseable City Lab a en effet surtout déterminé les besoins humains pour un parc moderne à Laval. « L’aspect technologique n’est venu que très tard dans le processus », précise Fabio Duarte.

Les concepts sont d’ailleurs appelés à évoluer, notamment à la suite des commentaires des citoyens qui seront consultés au printemps et selon les réalités technologiques. Dans le concept iTable (les noms n’ont pas encore été traduits en français), qui imagine par exemple des tables à pique-nique pouvant être retournées pour accéder à un écran tactile, les composants technologiques pourraient ainsi être remplacés au besoin par un simple tableau noir.

« Certains projets ne pourront peut-être pas être implémentés maintenant, peut-être que la technologie ne sera prête que dans quelques années. Mais le besoin qui a été circonscrit demeure présent », explique Simone Mora, chercheur postdoctorant sénior au Senseable City Lab.

Un quartier dans l’air du temps

Le parc et le quartier de l’innovation dans son ensemble rappellent quelques tendances mondiales, comme les super-îlots. « D’une certaine manière, nous allons faire mieux que ça », estime toutefois Stéphane Boyer, vice-président du comité exécutif et conseiller de Duvernay–Pont-Viau à Laval. « Alors que les super-îlots visent à redonner un peu plus d’espaces aux citoyens après des décennies de règne de la voiture dans les villes qui les accueillent, le Carré Laval se veut un quartier sans voitures dès sa conception », précise-t-il.

Le Carré Laval attirera aussi certainement des comparaisons avec le projet abandonné du quartier intelligent Quayside, à Toronto. Tout comme ce dernier, le quartier lavallois sera carboneutre et devrait intégrer des bâtiments innovants (ce qui est encore à définir), mais Laval n’a pas l’intention d’en faire un endroit de surveillance et de mesurer tout ce qui s’y fait, par exemple.

« Nous sommes à l’opposé de ce qui était proposé à Toronto », estime Ricardo Alvarez. Un minimum de données seront mesurées pour améliorer le design du parc et lui permettre d’évoluer au fil des ans, mais il n’y aura pas d’accumulation à grande échelle de ces informations comme c’était le cas à Toronto.

Beaucoup de chemin à parcourir

Il faudra attendre plusieurs années avant de pouvoir profiter du Carré Laval et de son parc. « On doit réaliser plusieurs études en 2021 », note Stéphane Boyer. Plan économique, aménagement urbain, plan d’ensemble : tous les détails du quartier de l’innovation doivent encore être déterminés. La Ville de Laval devra aussi déménager le dépôt à neige qui s’y trouve, décontaminer certains terrains, aménager le grand lac au milieu du site et beaucoup plus. « Il est aussi important d’inclure les citoyens tout au long de la réflexion, pour qu’ils se l’approprient », ajoute l’élu.

Les concepts du MIT devront aussi être raffinés, puis des partenaires commerciaux seront trouvés pour développer ceux qui iront de l’avant.

Les six concepts proposés par le MIT pour le parc du Carré Laval

Activating Surface : Un système qui pose la question : pourquoi s’entraîner dans un gymnase quand on a un parc ? À l’aide d’outils d’intelligence artificielle, de réalité mixte et d’une application mobile, Activating Surface pourrait donner des conseils adaptés en matière d’exercice physique aux utilisateurs du parc, tout en leur faisant découvrir les différentes possibilités offertes par l’espace.

Le concept Infinite Memories pour le futur Carré Laval. Photo : Senseable City Lab.

Infinite Memories : Avec ses panneaux de verre, ses projecteurs et ses écrans formés d’eau permettant aux visiteurs d’enregistrer et de visualiser les souvenirs recueillis au fil des ans dans le parc, Infinite Memories se veut pratiquement une incarnation de la Forteresse de la Solitude que l’on retrouve dans l’univers de Superman.

FORA : Un concept avec des chaises connectées permettant aux travailleurs de collaborer et d’échanger des idées, mais aidant aussi les nouveaux arrivants à participer à des rencontres citoyennes. Des sujets de discussion pourraient être prévus, et le mobilier changerait de couleur pour indiquer aux visiteurs le groupe qui les intéresse, par exemple.

MinecARft : Une interface de réalité augmentée permettant aux citoyens et aux visiteurs de discuter de nouvelles idées pour le parc et la ville. MinecARft pourrait même être implémenté avant le lancement du parc pour aider les Lavallois à le concevoir.

iTable : Un mobilier conçu pour promouvoir la collaboration. Par exemple, une table pour manger pourrait être retournée pour accéder à un grand écran tactile à encre électronique afin de noter ses idées.

Photo : Senseable City Lab.

FOODPRINT : Des espaces alimentaires, avec cuisines accessibles à l’année, reliés aux fermes et aux fournisseurs de Laval. FOODPRINT se veut en quelque sorte l’espace BBQ du 21e siècle.

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Tout d’abords, la ville de Laval doit s’attaquer à la pollution de bruit par l’autoroute 15.
Il y a une vaste superficie affecté par le bruit de l’autoroute, ou les barriers sembles amplifier le bruit et augmente la porté du bruit.
Il faudra mettre des solutions qui absorbent davantage le bruit des automobiles.