Le créateur du «pop-up» s’excuse auprès des internautes

Vingt ans après avoir inventé les publicités surgissantes (communément appelées pop-up), son créateur se repent, assurant qu’il avait, à l’origine, de «bonnes intentions». 

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Photo : Getty Images

Mieux vaut tard que jamais.
Fouineur
Deux décennies après avoir inventé les fenêtres intempestives qui débarquent sans prévenir — les fameux pop-up —, Ethan Zuckerman présente ses excuses aux internautes.

L’informaticien américain a publié, le 14 août dernier, un texte sur le site The Atlantic, dans lequel il dit regretter l’évolution de son invention.

«Il est clair aujourd’hui que ce que nous avons créé est un fiasco», explique celui qui est désormais directeur du Center for Civic Media au MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Il précise toutefois qu’au moment de créer les fameuses fenêtres surgissantes, ses intentions étaient bonnes. «Laissez-moi vous rappeler que ce que nous voulions accomplir était brave et noble», écrit-il.

La petite histoire du pop-up

Entre 1990 et 1994, l’inventeur de la plaie du Web travaillait chez Tripod.com, une entreprise qui permettait aux internautes de créer leur page personnelle et dont le financement reposait sur le contenu publicitaire.

Pour éviter que les publicités des annonceurs se retrouvent à côté de contenus potentiellement gênants, Zuckerman a eu l’idée de faire apparaître une fenêtre séparée de la page visitée par l’internaute. C’est ainsi que le pop-up est né.

«Plus précisément, nous l’avons créé quand une importante entreprise automobile a paniqué après l’achat d’une bannière publicitaire sur une page faisant la promotion de la sodomie», explique Zuckerman.

Changer son fusil d’épaule

Aujourd’hui, Ethan Zuckerman s’inquiète du fait que la publicité prenne autant de place sur la Toile, la qualifiant même de «péché originel du Web».

Si elle prend de moins en moins la forme de pop-up (merci aux systèmes permettant de fermer ces fenêtres intrusives), l’informaticien montre du doigt la montée de la publicité ciblée, c’est-à-dire les offres commerciales personnalisées qui se fondent sur vos visites et vos actions sur Internet. Elle est notamment présente sur Facebook (L’actualité en parlait ici).

«Après 20 ans de Web financé par la publicité, nous voyons que notre modèle actuel est mauvais, dysfonctionnel et corrosif. Il est temps de commencer à payer pour notre intimité, à financer nos services préférés et à abandonner ceux qui sont gratuits, mais nous vendent, nous, utilisateurs», conclut-il.

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La seule bonne nouvelle: plus l’exposition à la publicité est fréquente moins son effet persuasif unitaire nous influence. La pub doit nous marteler dans plusieurs médias distincts pour arriver à attirer notre attention. La surexposition aux publicités développe notre attention sélective et permet de lire entre les pubs sans les remarquer.

Acheter selon nos besoins réels non selon nos désirs voilà le secret. Malheusement, rares sont les sages qui peuvent prétendre le faire quotidiennement.