Le son des appels cellulaires toujours aussi mauvais

Nos téléphones deviennent de plus en plus puissants et polyvalents. Alors pourquoi la qualité des appels demeure-t-elle médiocre ?

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Photo : Mazran Lazarevski/Flickr

Peut-être faites-vous partie de ces gens, de plus en plus nombreux, qui abandonnent leur ligne fixe au profit d’un téléphone intelligent. Sur le plan technique, vous avez tout à y gagner. À une exception près : la qualité sonore des appels.
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Nos gadgets ne cessent de s’améliorer : pile longue durée, réseau ultrarapide, caméra réactive, écran à haute résolution, applications intuitives. Étonnamment, le son a, quant à lui, peu évolué depuis l’arrivée des premiers cellulaires.

À l’époque, cette voix digne d’une boîte de conserve était un prix raisonnable à payer pour bénéficier de la mobilité. Mais après toutes ces années, la dette et les intérêts ne devraient-ils pas être acquittés ?

«Les fabricants de cellulaires et les compagnies de télécommunications semblent parfois oublier qu’un téléphone intelligent est aussi un téléphone», a déclaré l’analyste en technologie Jeremy Green au magazine IEEE Spectrum.

Dans les faits, ce n’est pas si simple. Ces entreprises savent très bien que l’une des fonctions premières de leurs appareils et services est de permettre aux êtres humains de se parler à distance. Elles connaissent aussi très bien les immenses défis techniques que cela représente.

Pour transmettre des données (qu’il s’agisse de votre voix, d’une vidéo ou d’un site Web), votre cellulaire consomme de la bande passante, qui est en quelque sorte l’autoroute de la téléphonie mobile. S’il y a peu de trafic, tout va bien. Mais à l’heure de pointe, les choses se corsent : la circulation est moins rapide, et les collisions — les interférences — sont plus fréquentes.

Une compagnie de télécommunications ne peut pas ajouter de la bande passante en claquant des doigts. Afin de desservir un maximum de clients et d’offrir un service de qualité, elle a alors tout avantage à ce que chaque appareil consomme le moins de bande passante possible.

L’une des solutions consiste à compresser les données, un peu comme vous compressez un fichier dans votre ordinateur avant de le partager en ligne. Pour atteindre une taille optimale, des sacrifices sont toutefois nécessaires. Dans le cas du son, cela implique de supprimer les hautes et les basses fréquences, et donc de perdre des nuances de la voix humaine.

Avant de parvenir à l’oreille de votre interlocuteur, votre voix est compressée et décompressée à plusieurs reprises, chaque étape diminuant davantage la qualité du son. Le résultat final demeure tolérable dans des conditions optimales. Mais ajoutez des interférences, un réseau surchargé, une faible couverture et une grande distance à parcourir — si vous appelez en Chine, par exemple — et le son devient catastrophique.

Au cours des dernières années, diverses solutions techniques ont permis d’utiliser la bande passante de manière plus efficace. Si bien que si nos téléphones cellulaires ne servaient uniquement qu’à parler, le son serait bien meilleur.

Or, les téléphones intelligents, avec leurs mille et une fonctions, sont très voraces en données. Ajoutez à cela le fait que le nombre d’appareils a augmenté de manière draconienne au cours des dernières années, et vous vous trouvez avec une bande passante extrêmement sollicitée.

Dans ce contexte, les compagnies de télécommunications n’ont pas intérêt à allouer davantage d’espace à la voix. De toute façon, leurs clients sont tellement habitués à cette mauvaise qualité sonore qu’elle leur semble normale.

Cela risque toutefois de changer, avec l’arrivée prochaine de l’«audio HD». En mettant de côté le vocabulaire du département de marketing, on parle d’un son semblable à celui que vous avez avec un bon vieux téléphone fixe.

L’une des technologies qui doit permettre cette amélioration sonore est la VoLTE. Au Canada, seul Rogers l’offre… avec un seul modèle de téléphone intelligent [NDLR : L’actualité est une propriété de Rogers]. Pour en profiter, votre interlocuteur doit aussi posséder ce modèle et être client de Rogers !

Heureusement, de nombreux appareils compatibles avec la VoLTE doivent être lancés au cours des prochains mois, tandis que Bell, Telus, Vidéotron et autres adopteront vraisemblablement cette technologie eux aussi.

Ne reste plus qu’à espérer que les compagnies de télécoms canadiennes fassent mieux qu’aux États-Unis. La VoLTE y est bien implantée, mais fonctionne uniquement entre clients d’un même fournisseur…

 

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1 commentaire
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Mais pourquoi attendre Rogers, Bell et autres quand vous pouvez obtenir un son d’une clarté comme si votre interlocuteur était à côté de vous avec un Blackberry. J’ai fait l’expérience avec un Z30 et maintenant avec un Passport, quelle clarté, peut-être que c’est dû au fait que le Blackberry à gardé sa fonction première d’être un téléphone. De plus, ce qui ne gâche pas la soupe c’est un appareil canadien.