Les logiciels antipubs menacent le Web tel que nous le connaissons

Le web mobile, épargné jusqu’à présent, a vu apparaître coup sur coup deux menaces en septembre.

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Le Web sans publicités est fantastique. Je le répète: fan-tas-ti-que.

Si vous ne l’avez jamais expérimenté, installez immédiatement un logiciel antipubs pour votre navigateur favori. Vous découvrirez des pages qui se téléchargent plus rapidement, des interfaces plus esthétiques et du divertissement gratuit sans distractions. Le beurre et l’argent du beurre; le meilleur du Web.

Le site de L'actualité vu avec un bloqueur de publicité.
Le site de L’actualité vu avec un bloqueur de publicité.

Évidemment, les médias qui dépendent de la publicité pour survivre — soit la quasi-totalité — perdront quelques dollars. Tant que les logiciels antipubs demeurent marginaux, il n’y a pas de quoi s’inquiéter.

Hélas! leurs utilisateurs ne cessent d’être plus nombreux. Selon un rapport publié par PageFair en août, 198 millions de personnes dans le monde utilisent un bloqueur de publicités, une hausse de 41 % par rapport à 2014. Ceux-ci ont privé les médias de la coquette somme de 22 milliards de dollars cette année!

Et voilà que le phénomène a fait son apparition sur les tablettes et téléphones intelligents en septembre. D’abord sur Android, avec une appli lancée par le populaire logiciel antipubs gratuit Adblock Plus. Puis sur Apple, dont le nouveau système d’exploitation mobile, iOS 9, permet la suppression des pubs dans Safari.

Si les gens refusent de payer pour du contenu — que ce soit directement, en s’abonnant, ou indirectement, en s’exposant à de la publicité —, qui réglera la note?

Selon l’éditeur du site Business Insider, Jim Edwards, les géants de l’information et du divertissement doivent s’unir et poursuivre les fabricants de logiciels antipubs, comme l’industrie de la musique l’a fait pour Napster. Son argument? Effacer les publicités d’un site Web constitue une forme de piratage.

Darren Goldsby, le directeur de la technologie de Hearst Magazines UK, qui publie notamment Cosmopolitan et Esquire, a plutôt déclaré à la BBC que les médias doivent s’adapter à cette nouvelle réalité et trouver de nouvelles sources de revenus. Cela signifie davantage d’articles commandités, de microsites associés à des marques et d’autres formes de publicités qui ne peuvent être bloquées par les applications antipubs. Voilà, de loin, l’issue de la crise la plus ironique pour les consommateurs qui souhaitent se soustraire aux annonces…

Un entre-deux consisterait à revoir l’entente tacite qui existe entre les internautes et les médias. Selon un sondage mené par Adblock Plus, seuls 21 % de ses utilisateurs ne veulent absolument rien savoir de la publicité en ligne. À l’inverse, 71 % accepteraient sa présence si elle était non intrusive.

Cela a convaincu Adblock Plus de lancer un manifeste des «bonnes publicités» il y a un peu plus d’un an. Les petits médias qui respectent les critères qui y sont détaillés peuvent même demander au logiciel de déverrouiller, sans frais, les publicités sur leur site Web. Les grandes organisations doivent toutefois sortir leur chéquier pour bénéficier de cette option. Après tout, il faut bien que quelqu’un paie pour que le logiciel antipubs Adblock Plus reste gratuit.

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6 commentaires
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Le problème avec la publicité (pas pub) sur internet (pas le web), est qu’elle est, à un moment donné, devenue invasive. Bref, à un niveau où c’est devenu très dérangeant. Idem pour la télévision.

Je ne reproche rien à personne. Je ne fais que constater.

La publicité sur certains sites internet sont devenu complétement démésurer er invasive. A un point ou le site web se charge lentement en plus certains site font rouler des vidéos publicitaire sans mon autorisation. Un peu de retenue et requis, entre temps je songe a installer un logiciel pour les bannir ou je ne visite plus le site en question. Je crois que des application comme celui de La Presse + est l’avenir pour les pubs.

La plupart des entreprises qui perdent de l’argent à cause de cela n’ont qu’elles-même à blâmer. La plupart des gens, comme décrit dans l’article, sont prêts à accepter de la publicité non invasive, qui ne nuit pas trop au temps de chargement, qui ne nuit pas à l’expérience de navigation, et qui ne prend pas trop de place à l’écran. Surtout, une forme de publicité qui en enrage plusieurs et qui leur a incité à installer Adblock, ce sont les pubs qui occasionnent un délais, que nous sommes obligés de regarder avant d’accéder au contenu. Ce peut être sur une page web avec une pub qui s’affiche sur tout l’écran avec un décompte, mais surtout sur les vidéos. À la télévision, on est habitué. Mais sur internet, les gens NE VEULENT PAS être obligés d’attendre et de regarder de longues publicités avant ou pendant leurs vidéos. Ce sont toutes ces raisons qui poussent les utilisateurs à installer Adblock. Certains sites répondent à la tendance en augmentant davantage l’achalandage publicitaire sur leur site, afin d’augmenter leurs revenus. Ils ne font que contribuer à enrager encore plus de gens qui choisiront des solutions de blocage publicitaire. Si tous les sites web respecteraient leurs utilisateurs avec des publicités acceptables et non invasives, jamais je n’aurais installé Adblock dans mon navigateur.

«….sont prêts à accepter de la publicité non invasive, …». C’est aussi mon avis. Je en regarde pas les pubs. J’ai comme une faculté de me mettre à «off» quand il en surgit une. Par contre, il y a maintenant, depuis peu, des pubs sonores qui se mettent en branle quand on est en train de lire un texte. Les fois où cela est arrivé, j’ai eu beau chercher je n’ai pas trouvé de «clé» sur laquelle cliquer pour leur fermer le clapet. J’ai donc simplement fermé mes haut parleurs. Mais c’est agaçant en diable car, un peu comme à la télé ou la radio, on dirait que le niveau sonore est plus haut que la normale.
Même si je ne suis pas friand de pub, je ne suis pas en faveur de son élimination par blocage systématique car c’en serait fini de la gratuité du WEB. Alors, je laisse passer sauf quand on me casse les oreilles.

J’utilise un « Ad blocker » mais je le désactive par défaut, je l’active seulement sur un site si je me fais innonder de publicités. La plupart de mes sites favoris n’ont que très peu de publicités, et elles sont très discrètes. Je tends à me méfier des articles « click-bait » qui ne font que perdre le temps à tout le monde pour des revenus publicitaires.