Pourquoi pas un stade pour le jeu vidéo ?

Pour une fraction du prix d’un stade de baseball, Montréal pourrait se doter d’installations conçues spécialement pour le sport électronique.

Photo : Ross Stewart / Esports Stadium Arlington

Aire centrale pour la compétition, vestiaires pour les équipes, sièges pour les spectateurs, espace d’entraînement, salle de presse, salon des joueurs : l’Esports Stadium Arlington, en banlieue de Dallas, a toutes les caractéristiques des amphithéâtres sportifs habituels. Il suffit toutefois d’un bref coup d’œil pour comprendre qu’on n’est pas dans un stade comme les autres.

La salle principale ne compte que 2 500 sièges, tous placés du même côté pour permettre de voir un écran géant de 26 m de long. On y dénombre huit vestiaires — puisque plusieurs équipes s’affrontent lors des rencontres — et les athlètes s’entraînent non pas avec de l’équipement sportif, mais sur des ordinateurs.

Dans ce stade construit au coût de 13 millions de dollars, en 2018, à même l’ancien centre des congrès d’Arlington, tous les éléments ont été pensés pour le jeu vidéo. Des tournois locaux y sont présentés, mais aussi des matchs de ligues professionnelles et des activités ponctuelles. Les joueurs des environs peuvent en outre s’y amuser lorsque rien n’est à l’horaire.

Aucun amphithéâtre de l’envergure de celui d’Arlington n’existe au Canada. Et Montréal serait tout indiquée pour accueillir le premier.

La métropole québécoise est une plaque tournante de cette industrie. Plusieurs studios montréalais sont même derrière certains des jeux les plus populaires du sport électronique, comme Rainbow Six Siege (Ubisoft) et Fortnite (Epic). La présence de ces entreprises pourrait à elle seule garantir une certaine utilisation des locaux. Pour l’instant, les studios, principaux organisateurs de telles compétitions, doivent se contenter d’endroits qui sont petits ou encore non optimisés pour le jeu vidéo, comme la Place Bell, à Laval.

Qu’on accepte l’appellation « sport » ou non, il ne fait aucun doute que le jeu vidéo de compétition est une discipline d’avenir.

Les tournois du genre sont surtout regardés en ligne, ce qui explique le nombre limité de sièges. Mais ils attirent tout de même des visiteurs et des participants de partout sur la planète. Avec un amphithéâtre digne de ce nom, Montréal pourrait également être une adresse de choix pour les rencontres organisées par les studios qui n’y ont pas pignon sur rue.

Le Québec compte aussi son lot d’athlètes connus mondialement, comme Stéphanie Harvey, championne du monde des jeux Counter-Strike et Counter-Strike: Global Offensive. Et des écoles secondaires offrent maintenant des programmes de concentration compétitive en sport électronique, où les élèves s’entraînent des centaines d’heures par année.

Il y a bien quelques bémols. Montréal ne compte par exemple aucune équipe officielle dans les grandes ligues professionnelles. Heureusement, ces franchises sont plus faciles à obtenir qu’une équipe de la LNH.

Il faudrait évidemment effectuer des analyses sérieuses sur les revenus que pourrait générer une telle salle, et sur son financement. Qu’on accepte l’appellation « sport » ou non, il ne fait aucun doute que le jeu vidéo de compétition est une discipline d’avenir, déjà bien implantée dans la culture montréalaise. Cette idée mérite qu’on s’y attarde, surtout si le projet d’un stade de baseball de plusieurs centaines de millions de dollars est aussi sur la table.

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2 commentaires
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À force de donner des significations ridicules à certains mots, ceux-ci finissent par ne plus rien dire
Si les jeux vidéos sont considérés comme des sports, alors, les quilles et le curling sont des sports extrêmes. Comment nomme-t-on les autres tels le ski, la course, le patinage et les ¨sports¨ de combats ???

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