Quand l’Internet des objets jette l’éponge

Les objets connectés qui nous entourent peuvent cesser de fonctionner du jour au lendemain si leur fabricant en décide ainsi.

Photo : Sally Anscombe / Getty Images

En novembre dernier, les appareils Insignia Connect ont perdu pour de bon leur connectivité. Les congélateurs connectés de la marque maison de Best Buy gèlent toujours la nourriture, mais ils ne peuvent plus être commandés à distance. Les caméras de surveillance Wi-Fi de cette gamme, elles, se sont métamorphosées en presse-papiers.

Ce n’est pas la première fois que des objets dits « intelligents » perdent leurs capacités d’un seul coup. Bols à nourriture pour animaux, sphygmomanomètres (ces bidules qui mesurent la tension artérielle), moniteurs pour bébés, haut-parleurs, robots : des produits de tout type se sont vus ainsi débranchés d’Internet, au grand dam de leurs propriétaires.

Et malheureusement, pour le tiers des adultes québécois qui possèdent des objets connectés à Internet à domicile, ce n’est que le début d’une hécatombe inévitable.

Même si on peut être tenté — et pas forcément à tort — d’imputer ces fins de vie abruptes à l’obsolescence programmée, la réalité est surtout que ces appareils modernes sont incompatibles avec une longue durée de vie.

Pour que les images d’une caméra connectée puissent être vues en ligne avec une application, ou pour que l’on puisse demander la météo à un haut-parleur intelligent de type Google Home, le fabricant paie pour une connexion Internet et de la puissance de calcul dans un centre de données. Ces frais sont minimes, généralement des fractions de sou. Un abonnement mensuel imposé aux acheteurs, l’acquisition de données personnelles ou la vente de nouveaux modèles compensent cependant ces dépenses. Or, à mesure que l’appareil connecté vieillit, le fabricant doit mettre à jour les technologies qui l’alimentent. Cela peut prendre 5, 10 ou 30 ans, mais le gadget connecté finira forcément par coûter plus cher à son fabricant que ce qu’il lui rapporte.

Quand l’entreprise décide de fermer une division non profitable (ou si elle fait faillite), le gadget en question cesse en partie de fonctionner. Si elle a les reins solides et que la connectivité est annulée rapidement après la mise en marché, il arrive qu’elle offre un remboursement. Si le produit est plus vieux, son fabricant pourra faire parvenir aux propriétaires des rabais sur des produits neufs. Une façon de faire passer la pilule, mais cela reste des incitations à la consommation.

Il existe au moins des moyens d’atténuer le problème sans pour autant renier ces appareils. Il faut choisir un produit qui pourra avoir une seconde vie même sans connexion Internet et sans application mobile, comme un haut-parleur doté d’un port audio externe. Chose certaine, les consommateurs avertis doivent désormais prendre conscience de cette fin annoncée. On justifiait auparavant ses achats en se disant qu’il s’agissait d’un investissement à long terme. Cette logique ne tient plus la route avec les appareils électroniques d’aujourd’hui.

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2 commentaires
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Cet article met en évidence un point assez fondamental qui remet — en partie au moins — en question les modèles économiques existants qui consistent à posséder un bien dont on ne peut jouir que pour un temps limité, dont le temps de jouissance est conditionné par des aléas imprévisibles (aucune date de péremption par exemple) qui limitent ce temps selon la seule convenance des fabricants, des vendeurs et des fournisseurs de services numériques qui sont associés aux objets.

La question est de savoir si ce modèle économique n’a pas fait son temps. S’il ne faut pas tourner le dos à toute forme de propriété privée. Lorsqu’il est d’actualité de se tourner vers des formes d’économie circulaire permettant de pouvoir utiliser toute ressource, puis de pouvoir la réutiliser de diverses manières ; n’est-il pas temps de trouver des débouchés pour les ressources physiques et virtuelles qui permettent à tous pratiquement de pouvoir faire usage de toutes choses selon les besoins au moment adéquat ?

Une autre question plus fondamentale encore, est de savoir de quoi nous avons réellement besoin. Dans une époque où la température de la Terre et notre mode de vie est une réelle source de tourments préfigurant l’éventualité d’un naufrage imminent.

Une dernière question et peut-être pas la moindre, serait de savoir si le cadre réglementaire qui prévaut actuellement, s’il protège vraiment les gens ? Ou s’il n’est d’autre issue que de faire toujours ce qu’on peut avec ce qu’on a ?

Quoiqu’il en soit, la modularité des systèmes devrait permettre d’accroitre la durée de vie de tous objets et l’usage de tous services associés aux objets, incluant le transfert des services à d’autres prestataires en cas de faillite d’un fournisseur de services. Tout est question d’architecture finalement.

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Ce que je ne comprends pas dans cette course aux gadgets ¨intelligents¨ (supposément), c’est qu’on sait que tout peut arriver, mais on nous encourage à foncer quand même et acheter ces bidules plus souvent qu’autrement complètements inutiles.
On sait qu’une ville, et même un pays, peuvent être complètement paralysés par la simple perte d’internet ou par une prise de contrôle extérieure, mais… allons y quand même; on réglera les problèmes après. On l’a vu avec Desjardins, et il y a des centaines d’autres cas.
Avez-vous vu le film de Bruce Willis avec un jeune homme qui est un crac de l’informatique ¨ Live or Dye Hard¨ (Marche ou Crève en français). Je dirais de ce film qu’il est prémonitoire.
Je n’ai pas besoin qu’un gadget me dise que mon rouleau de papier-cul achève, pas plus que de me faire dire qu’il pleut ou que la couche du petit est pleine. Tout ça me prouve de plus en plus que ces gadgets sont peut-être intelligents et que c’est sans doute pour compenser ce manque chez les acheteurs.

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