Quatre leçons à tirer de la panne de Facebook

Facebook, Instagram et WhatsApp ont disparu d’Internet pendant près de six heures, le lundi 4 octobre. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’une autre crise du genre survienne.

Lionel Bonaventure / Getty Images

Les géants d’Internet subissent peu de pannes. Et lorsque cela arrive, le problème est généralement localisé, soit dans certaines régions du monde ou pour certains produits seulement. Ce n’était pas le cas de la panne de Facebook du 4 octobre.

Un simple changement de configuration de routine des routeurs qui gèrent les communications entre les centres de données de l’entreprise serait la source du problème. Une erreur qui a fait boule de neige, au point de toucher deux systèmes importants de son infrastructure, le Domain Name System (DNS, qui traduit les noms de domaine comme Facebook.com et Instagram.com en adresses IP numériques) et le Border Gateway Protocol (BGP, le système qui dirige le trafic Internet vers les bons serveurs de Facebook). 

Pour les 3,5 milliards d’utilisateurs du réseau social dans le monde, dont de nombreuses entreprises qui s’en servent pour joindre leurs clients, c’était comme si Facebook et ses filiales avaient été complètement débranchées d’Internet.

Voici quatre leçons à tirer de la panne, tant pour les entreprises qui souhaitent éviter de subir le même sort que pour celles qui ne veulent pas être les victimes collatérales de la prochaine crise.

Si ça peut arriver à Facebook, ça peut vous arriver

Les organisations pèchent souvent par excès de confiance quand il est question d’informatique. Elles pensent que leurs données sont à l’abri des pirates parce que leur système a été protégé dans les règles de l’art, ou que toutes les précautions ont été prises pour éviter une panne généralisée. Or, la panne de Facebook démontre qu’elles ont probablement tort.

Il est difficile de prévoir toutes les répercussions possibles d’une simple mise à jour. L’employé qui a changé la configuration du routeur de Facebook, lundi matin, ne s’attendait certainement pas à ce que cela empêche ses collègues d’entrer dans les édifices de l’entreprise avec leur carte de sécurité intelligente.

Bref, même si l’on se sent en confiance, mieux vaut envisager le pire. 

Prévoyez des solutions de rechange pour la collaboration à distance

La perte de Facebook n’était qu’une nuisance pour la plupart (et même une libération pour d’autres). Pour les employés de Facebook, qui communiquent avec leurs collègues grâce aux outils de l’entreprise comme Workplace, elle a représenté un véritable congé forcé.

« On se sent comme en congé à cause d’une tempête de neige », a lancé sur Twitter le chef d’Instagram, Adam Mosseri, pendant la panne. Sans Facebook, et en télétravail de surcroît, les employés de l’entreprise n’avaient aucun moyen de communiquer entre eux, et donc dans bien des cas aucun moyen de travailler.

Bien des entreprises pourraient se retrouver dans la même position. Sans courriel et sans votre outil de collaboration habituel (que ce soit Teams, Slack ou un autre logiciel du genre), seriez-vous capable de joindre vos collègues et vos patrons ?

Prévoir des solutions de rechange pour travailler en collaboration représente une façon simple de minimiser les conséquences d’une panne. Et c’est beaucoup plus facile à faire en amont qu’au beau milieu d’une crise.

Conservez l’accès à vos données

On a pu observer lundi que trop d’entreprises sont dépendantes des différents services de Facebook, que ce soit pour communiquer avec leurs clients ou pour vendre leurs produits. « La panne d’aujourd’hui a mis en relief notre dépendance à Facebook et à ses autres propriétés, comme Instagram et WhatsApp », a expliqué au New York Times Brooke Erin Duffy, professeure à l’Université Cornell.

Le problème va toutefois bien au-delà de Facebook. De nombreuses entreprises gèrent désormais les relations avec leurs clients avec des outils externes, comme Salesforce.

Peu importe le fournisseur de services privilégié, des solutions devraient être mises en place pour pouvoir accéder à ses données en cas de panne ou d’attaque informatique afin de se protéger lorsque la prochaine crise arrivera. Car ce n’est qu’une question de temps.

Internet est trop centralisé

Dans des dizaines de pays en développement, des millions de personnes accèdent à Internet grâce à des programmes mis en place par Facebook pour améliorer le taux de branchement mondial, rappelle le MIT Technology Review. Pour ces utilisateurs, une panne de Facebook équivaut à une interruption généralisée d’Internet. La panne de lundi représente un argument de plus pour les observateurs qui se désolent de la centralisation d’Internet constatée depuis plusieurs années. Ce qui était à la base conçu comme un réseau décentralisé et résilient est de plus en plus contrôlé par une poignée de sociétés privées. La bonne nouvelle toutefois est que différentes initiatives ont été lancées pour corriger la situation, comme DWeb, qui tente de recréer une version décentralisée du Web.

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