Secret, le réseau social le plus scandaleux au monde ?

Secret, une application lancée le 30 janvier aux États-Unis, est du genre à faire ronger quelques ongles.

« Qui a écrit cela ? Est-ce vrai ? Je crois savoir de qui il s’agit. »

Secret, une application lancée le 30 janvier aux États-Unis, est du genre à faire ronger quelques ongles. Elle est même devenue le sujet de conversation numéro un du secteur de la haute technologie, dans la Silicon Valley, aussi bien que dans les médias spécialisés.

Dans la région de San Francisco, le phénomène est devenu addictif. Chacun trouve un moment pour s’isoler et s’abreuver de ragots, explique The Verge. Les ménages à trois, les photos de marijuana, les fellations dans des cuisines de restaurant… Tout y est. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Dur à dire. Mais le plaisir est dans l’incertitude, notamment en ce qui concerne l’identité des auteurs de ces messages. Car, il se trouve, ces « secrets » ont tous été publiés par vos amis sur ce réseau social, sans possibilité de savoir lequel.

Secret est un fil de messages écrits par les contacts iPhone d’une personne, ceux-ci n’étant identifiés que par la mention « ami » ou « ami d’ami ». Les secrets les plus populaires à travers le monde peuvent également être lus; ils sont alors indiqués selon leur origine géographique.

« Secret, c’est Facebook version bal masqué, Twitter sans le côté auto-promotion, Google+ mais avec un partage en mode privé qui fonctionne. C’est l’attrait de curiosité sous la forme d’un réseau social, qui sert aussi à critiquer tout le monde. Ailleurs, vous n’êtes pas vous-même, vous êtes terne, semble dire cette application. Secret est un endroit où être soi-même », explique The Verge.

C’est en écrivant de manière anonyme un mot d’amour à sa conjointe que l’idée de ce réseau social a germé dans la tête de David Byttow, un ancien de Google – il est le créateur du bouton +1 de Google+. « Qu’est-ce que c’est ? Ça vient de toi ? » lui avait-elle immédiatement demandé au téléphone après avoir reçu le mot. L’anonymat avait donné une force inhabituelle à son message, s’était-il alors aperçu.

« Je savais que je tenais quelque chose », explique Byttow. Peu après, il a envoyé un courriel à son ami Chrys Bader, le futur cofondateur de Secret, dans lequel ne figurait qu’un hyperlien menant à une page vierge. Là, une phrase est peu à peu apparue : « Une nouvelle forme de communication est en train d’éclore entre tes mains. »

Mais l’anonymat est une arme à double tranchant. Il révèle ce qu’il y a de meilleur et de pire chez l’homme, comme d’autres réseaux sociaux ont pu s’en apercevoir. Tout comme Formspring auparavant, le site de question-réponse Ask.fm a provoqué un tollé quand il a été accusé d’être en partie responsable du suicide d’une utilisatrice qui y faisait face à de la cyberintimidation. L’application PostSecret a quant à elle fermé boutique après que ses concepteurs aient échoué à empêcher les publications malveillantes.

Secret présente l’avantage de ne pouvoir contacter directement une personne. De plus, il n’y a aucun moyen de s’assurer qu’une personne précise lira le secret publié. Cependant, certaines personnalités de la Silicon Valley se sont déjà plaintes d’être la cible de rumeurs – d’infidélité, notamment.

« Tous les bons produits devraient donner l’impression à ceux qui s’en servent qu’ils ont un super pouvoir. Mais, selon ma définition, on ne peut appeler un super pouvoir quelque chose qui peut être utilisé pour faire du mal », explique David Byttow.

© TheVerge.com
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