Une vie par abonnement

La tendance est réelle : l’industrie techno transite de plus en plus vers une industrie de services, en multipliant les offres d’abonnement mensuel ou de location. Pour le consommateur, cette simplicité a un prix.

Photo : Caia Image / Paul Bradbury / Getty Images

Le produit lui-même n’est plus au centre des stratégies de vente dans l’univers de la techno. Ou si peu. En plus de créer un nouvel appareil tous les ans, les entreprises de cellulaires y attachent par exemple désormais une pléthore de services mensuels, comme un abonnement musical, de l’espace de stockage dans le nuage et un service vidéo, sans oublier la garantie prolongée annuelle. Une stratégie qui peut coûter cher aux consommateurs, qui oublient parfois de calculer les coûts à long terme.

Les exemples illustrant la transition de l’industrie techno vers une industrie de services sont légion. Adobe ne vend plus son logiciel phare, Photoshop : pour y avoir accès, les designers graphiques et autres professionnels doivent débourser environ 28 dollars par mois ad vitam æternam (ou du moins, jusqu’à leur retraite). Ce qui est vrai pour les logiciels l’est aussi pour les produits eux-mêmes. Ainsi, la majorité des caméras de sécurité sont désormais offertes avec un abonnement mensuel qui permet au client d’accéder à ses vidéos dans le nuage.

Même Apple, dont le modèle d’affaires a toujours été la vente de produits, prend depuis quelques années le virage des services. La marque à la pomme amasse déjà plus de 10 milliards de dollars américains par trimestre en services — tel Apple Music —, un secteur qui pourrait atteindre 100 milliards par année d’ici 2023, selon la banque d’investissement Morgan Stanley.

Au salon de l’électronique Consumer Electronics Show (CES), à Las Vegas, en janvier, Apple a d’ailleurs surpris bon nombre d’analystes : sa plateforme pour le contenu télé iTunes est désormais offerte sur les téléviseurs de son concurrent Samsung. Apple version 2014 aurait gardé farouchement son logiciel pour maximiser ses ventes de consoles Apple TV. Cinq ans plus tard, son service télé est la priorité.

La formule n’est pas propre aux technos. D’autres secteurs la poussent même plus loin, en louant les appareils qu’ils vendaient depuis des années — dans certains cas, depuis une centaine d’années. Le constructeur automobile BMW offre par exemple à ses clients des États-Unis de débourser 2 000 dollars américains par mois pour conduire différents modèles de voitures au gré de leurs envies. Au Canada, Daimler propose ses véhicules Mercedes-Benz et Smart en autopartage, grâce à sa filiale Car2Go.

Les consommateurs trouvent souvent leur compte dans cette vie par abonnement. Adopter Car2Go, par exemple, fait économiser gros à ceux qui n’ont pas besoin d’avoir une automobile garée en permanence à la maison. Et le graphiste qui a besoin de Photoshop pour un mois seulement n’aura que 28 dollars à débourser, plutôt que plusieurs centaines de dollars, comme c’était le cas auparavant.

Les services par abonnement présentent toutefois surtout des avantages pour les entreprises, notamment en leur garantissant des revenus constants, non liés aux saisons ou aux lancements de nouveaux appareils, et souvent plus élevés au fil du temps. Le fabricant de cafetières connectées qui envoie du café tous les mois à ses abonnés ou l’entreprise de plats prêts à cuisiner qui livre les trois repas par semaine compris dans l’abonnement s’assure aussi d’obtenir la fidélité inébranlable de ses clients. Ces derniers achètent alors moins de café de leur torréfacteur local et vont un peu moins souvent à l’épicerie.

La vie par abonnement que veulent nous vendre les entreprises technos est une vie de confort et de simplicité. Un confort qui se paie toutefois grassement et qui se fait souvent au détriment de la diversité.

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1 commentaire
Les commentaires sont fermés.

C’est une plaie pour le consommateur moyen.
La majorité ne semblent pas s’en formaliser.
S’ils savaient compter ils comprendraient que comme des poules sans tête, peu importe leurs instructions ils acceptent de tout bords et de tout côtés sans se soucier qu’ils contribuent ainsi à leur dépend à enrichir outrageusement ceux

qui contrairement à eux ne paient pas leurs charges sociales dans la mesure de leurs capacités. Mais en plus, alors qu’autant de gens se préoccupent tellement de l’environnement, ils contribuent à le surcharger par leurs locations de produits en multipliant les nouveautés plus vites que l’on peut en apprendre leurs fonctionnement et leurs mises au rancart rapides pour faire la place à leurs remplaçant alors qu’ils ont encore toutes les capacités requises pour faire pourquoi ils ont été conçus.
Les gouvernements devraient règlementer au plus vite ses façons de faire.
Ils devraient forcer les fabricants à fabriquer des produits beaucoup plus durable (mot tellement utilisé à tord et à travers par nos élus) comme à l’ancienne en surtaxant les produits devant être remplacés trop rapidement ne supportant plus les mises-à-jour, les mises-à-niveau, les réparations impossibles à faire effectuer parce que les fabricants cessent de plus en plus rapidement de fournir les pièces requises ou proposent à des prix tellement élevés pour forcer les consommateurs à se procurer le dernier produit de remplacement. Apple en est le chef de fils de ces pratiques et l’exemple d’affaires et de mise-en-marché à suivre!
Honteux.
C’est sans compter que les produits doivent faire des milliers de kilomètres pour nous parvenir. En plus de faire vivre l’économie de la Chine surtout. Pays très exigeant à tout points de vue et ne se contente pas de plomber notre économie mais ne se gêne pas pour copier nos produits et nos inventions depuis longtemps en plus d’exiger des partenariats obligatoires et le partage complet des plans, des brevets et des connaissances des industriels qui s’installent chez eux.
Si j’étais élu premier ministre je taxerais fortement tout les produits fabriqués ailleurs et ainsi.