Ce que Voir a écouté en mars

Aliocha, Zen Bamboo, Childish Bambino et Mille Milles ont beaucoup joué chez nous ce mois-ci.

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Mille Milles
Mille Milles

On connaît bien le travail du compositeur Vincent Legault puisqu’il fait partie du trio électro Dear Criminals depuis quelques années et qu’il a accompagné Pierre Lapointe et Michel Rivard en tournée, entre autres. Fort de ses expériences de composition variées pour la scène et le cinéma, il propose ici un premier album élégant, instrumental à l’exception de quelques apparitions poétiques de la comédienne Evelyne de la Chenelière. Les musiques et les expérimentations sonores dévoilent une palette d’émotions : sur un titre, il mise sur la nostalgie alors que sur un autre, on y entend de la tension et de l’angoisse. Le compositeur prouve ici qu’il peut tout aborder et tout maîtriser. (V. Thérien)


Naked
Aliocha

Sur la pochette de son album, Aliocha trône nu comme un ver. On ne va pas se lancer dans des métaphores de type «mise à nu artistique», mais il y a un certain dépouillement dans l’offre musicale. Clavier, voix, petits beats doux. Avec le premier extrait, The Party, on savait qu’on avait droit à une proposition artistique originale qui prouve qu’on n’a pas besoin de flafla pour se démarquer. Sur la pièce Naked, Charlotte Cardin prête sa voix unique pour le refrain et complète parfaitement celle de son copain, Aliocha. Avec Your Sex is Perfect, les arrangements vaguement 90s sont parfaits et langoureux. Bref, Aliocha présente un album sensuel, et réussi en tous points. (S. Barrière-Brunet)


Aporia
Lowell Brams & Sufjan Stevens

De par son titre, le nouvel album de Sufjan Stevens (accompagné ici par son beau-père musicien) annonce un sentiment de perte de repère, une difficulté à résoudre quelque chose. Les deux hommes proposent ici un album new age,  instrumental et ambient. La douce voix de Sufjan ne résonne que très peu sur le disque. Après l’album éponyme de Planetarium en 2017, projet collaboratif autour des corps célestes, Sufjan Stevens se lance ici dans un autre genre de voyage spatial. La musique pourrait parfois passer pour la bande sonore de la série sci-fi Westworld tout comme celle d’un film de suspense des années 1980 avec ses touches industrielles. C’est un trip intéressant, mais on a hâte de retrouver Sufjan en chanson. (V. Thérien)


Glu
Zen Bamboo

Un album de rock alternatif étrangement d’actualité où grouillent le monde vivant, les maladies, les parasites (pour ne pas dire les virus). Zen Bamboo n’a pas peur du grandiose, des envolées poétiques et de défier la logique. L’album s’ouvre sur un anti-single, DIEU, qui ne reflète pas, du moins musicalement, le reste de l’opus, ni les grosses tounes comme J’<3 vivre, Xoxoxo et Glu (coule sur moi) qui nous attendent. Réalisé par Julien Mineau – on y entend d’ailleurs l’influence de Malajube -, le disque nous fait surtout découvrir un band qui se démarque à tous les niveaux. Longue vie aux fluides qui coulent dans les veines de Zen Bamboo. (S. Barrière-Brunet)


Put the Shine On
CocoRosie

Avec ce nouveau disque, les soeurs Casady restent bien ancrées dans leur carcan lo-fi expérimental. Elles s’amusent dans un nouveau casse-tête de disque sur lequel résonnent leurs voix enfantines baignant dans le hip-hop, des beats variés et des sons d’objets de toutes sortes. C’est leur signature, donc on accepte l’offre. Tout est possible, au monde de CocoRosie et tout peut être amalgamé pour le meilleur ou pour le pire. Comme la plupart de ses autres albums, Put the Shine On est difficile à digérer parce qu’il est touffu, mais on applaudit encore une fois la créativité sans bornes des artistes. On y retrouve des échos aux Beastie Boys et à Gwen Stefani du temps de Love. Angel. Music. Baby et sur le titre Restless, on dénote un désir d’aller vers une pop plus accessible. (V. Thérien)


Greatest Hits Vol. 1
P’tit Belliveau

On décrirait le premier album du P’tit Belliveau comme le disque qu’on ne savait pas qu’on avait besoin. Le multi-instrumentiste en parle comme d’un projet country avec des touches de hip-hop avec une vibe de cassette lo-fi et on est d’accord avec lui. Il ne faudrait pas se laisser distraire par les textes chargés d’humour sur Income Taxes ou Cool When Yer Old: il y a beaucoup de travail dans ceux-ci et dans les mélodies qui les portent. On retient surtout le désir du Néo-Écossais de profiter des plaisirs simples: la nature, la bière entre amis, les animaux, watcher les bateaux dans la baie. (S. Barrière-Brunet)


3.15.20
Childish Gambino

Le comédien américain Donald Glover nous livre une épopée éclectique et assez complexe qui se doit d’être écoutée avec soin. En début de disque, sur Algorythm, on entend des beats industriels qui donnent l’impression d’être dans une dystopie. Sinon, l’album est un amalgame de R&B, de soul et de rap et les thèmes sont abordés avec philosophie. Si le disque est difficilement accessible par moments, les grooves accrocheurs sauvent la donne, comme la funky 19.10 à propos de l’identité afro-américaine. Sur Time, avec Ariana Grande, Childish Gambino cherche sa place dans le monde et sur 42.26, il chante à propos de l’industrialisation et des questions environnementales. (V. Thérien)


Every Bad
Porridge Radio

«I’ve always known that we’re the best band in the world», a dit Dana Margolin, la chanteuse de Porridge Radio, à NME au début du mois de mars. On ne peut pas qualifier le groupe britannique de modeste, mais on peut dire qu’il fait du bon rock aux influences grunge. La fougue du quatuor s’entend particulièrement sur des pièces comme Sweet, Don’t Ask Me Twice, et Nephews. À travers les 11 chansons rassemblées sur Every Bad, on retrouve des moments de douceur, des riffs de guitares bien pesants portés par la voix chargée d’émotion de Dana Margolin. Un band qu’on aimerait voir sur scène, quand le coronavirus sera bien derrière nous. (S. Barrière-Brunet)

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