Le départ solo de Julyan: «J’avais envie d’avoir mon propre territoire»

Ces jours-ci, celui qu’on a connu au sein des groupes The Seasons et Forest Boys lance son premier EP éponyme. 

Photo par Simon Chénier-Gauvreau

«Mon but, c’est que les gens puissent entendre ma musique. J’ai l’impression que c’est un moment significatif dans la vie des gens», affirme d’entrée de jeu Julien Chiasson, alias Julyan lors de notre entretien. Le musicien aime composer dans l’urgence et lancer rapidement sa musique dans l’univers. Pas question de peaufiner une sortie pendant des mois. 

C’est qu’il était nécessaire qu’il se révèle au public, sans armure. «J’avais besoin de me prouver que j’étais capable de pratiquement tout faire seul, ce que j’avais jamais fait à date. J’avais toujours des coéquipiers, explique-t-il. Avec Forest Boys, il composait la musique, mais l’entité restait celle d’un band et d’une prise de parole au «nous». «J’avais envie d’avoir mon propre territoire pour aller dans des zones plus intimes, plus profondes. J’avais un appétit pour ce défi et j’avais besoin de ça, artistiquement et psychologiquement.»  

Il a approché Jesse Mac Cormack l’automne dernier pour simplement jouer de la musique et explorer une potentielle collaboration. Disons que pour une première rencontre le courant a passé. Après une journée au petit studio de Jesse, déjà la connexion s’installe. Sans que les deux aient besoin de s’en dire long. «Avec Jesse, ça a été l’fun parce que j’ai pas eu besoin d’expliquer. Tout de suite, on s’est mis à faire de la musique et ça marchait pour moi», raconte Julien, qui est du type anxieux et réfléchi. Finalement, les sessions de studio qui ne devaient qu’être des maquettes pour un demo se sont transformées en bases pour le EP. 

L’auteur-compositeur-interprète avait prévu enregistrer dans un studio plus grand et faire appel à des musiciens aguerris, mais il s’est finalement ravisé. On ne vient pas brouiller une chimie qui s’installe. C’est donc dans le petit espace de Jesse que Julien a joué et enregistré tous les instruments qu’on peut entendre dans les chansons, sauf la batterie, assurée par celui qui co-réalise le mini-album. Julien a composé avec ses contraintes et ses propres capacités en tant que musicien, et ç’a été bénéfique: «c’est là que le cerveau se met à être créatif pour contrecarrer les limites et arriver à des résultats uniques que tu n’aurais pas pu prévoir.» 

Les cinq pièces qui composent le EP ont un point en commun: elles sont redoutablement efficaces. De la pop bien ficelée portée par la voix et le coup de guitare de Julien qui trotte en tête. 

À la fin de notre conversation, on lui pose une colle: qu’est-ce que tu aimerais que le public retienne de ton projet solo? Un long silence s’ensuit… et une réponse réfléchie émerge, à l’image de notre interlocuteur. «J’aimerais que les gens me découvrent. Je pense que peu importe les projets que je fais, peu importe quand je suis avec Forest Boys, quand j’étais avec The Seasons, ou quand j’écris pour les autres, je pense que j’ai une certaine facture artistique. Je considère qu’écrire des chansons, c’est ma première job avant d’être un chanteur: je suis un compositeur de chansons et un créateur de musique. C’est la première et dernière chose que je vais vraiment avoir aimé faire de façon constructive dans ce monde. Je le sais.» 

Julyan sera disponible sur toutes les plateformes le 8 mai. Retrouvez-le ce vendredi à 16h sur Facebook pour une performance suivie d’une entrevue en compagnie de la journaliste Catherine Genest. 

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