Le journal de quarantaine de Choses Sauvages

Jusqu’à la veille du confinement obligatoire, les gars de Choses Sauvages étaient en studio en train de ficeler les derniers détails de deux nouvelles chansons. Félix et Tommy Bélisle nous partagent leurs choix culturels, en attendant de pouvoir retourner jouer de la musique dans leur local de pratique. 

Marie-Clarys Taillon

Le Voir est hébergé sur le site de L’actualité momentanément, le temps de reprendre ses forces. Abonnez-vous à nos pages Facebook et Instagram, ainsi qu’à notre infolettre pour avoir de nos nouvelles.


Comment gérez-vous la quarantaine?

On avait déjà coupé tous nos contacts avec les autres, mais on se disait qu’entre nous, ça irait. Passer de croiser 1000 personnes par semaine à 5 chacun, ça nous semblait legit. On avait prévu profiter de la quarantaine pour se voir beaucoup et composer le prochain album ensemble à notre local de pratique. Mais lundi on a appris que le local fermait.

Donc finalement, on reste chez nous, on se lave les mains constamment et on essaie d’avancer le prochain album le plus possible séparément. On a déménagé une partie du studio chez moi pour essayer de continuer à travailler les chansons déjà en construction. Surtout, on garde la pêche en pensant aux shows de débiles qu’on va donner quand tout va rentrer dans l’ordre. Ça nous manque déjà beaucoup et on sait que les gens aussi vont virer fous quand on va finalement pouvoir recommencer à sortir.

Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir?

La semaine dernière on était en studio pour enregistrer deux nouvelles chansons. Mais lundi, alors qu’on finissait, on a appris que tout allait fermer, dont le studio. On a été chanceux de finir à temps, mais sur le coup on croyait que ce serait impossible de mixer ça avant que tout ça soit fini. Ça nous crevait vraiment le cœur de devoir repousser ces sorties-là à la fin de l’été. Heureusement, Sam, notre ingénieur de son, a trouvé une solution pour pouvoir mixer. Donc ça devrait sortir dans quelques semaines comme prévu. On a vraiment hâte de vous faire entendre ça. Aussi, on travaille sur un nouvel album qui devrait sortir au début de l’année prochaine. Ça nous garde vivants en dedans comme on dit.

Par contre, je trouve ça assez intéressant d’être témoin de la résilience et de la compréhension des gens en ce moment vis-à-vis les mesures prises chaque jour et chaque fois plus contraignantes, mais nécessaires. C’est assez inspirant.

Le film qu’on regarde:

Je sais que Marc-Antoine à écouté le remake de Suspira de Luca Guadagnino et il nous a dit que c’est assez génial merci. Sinon, j’ai réécouté Arrival de Denis Villeneuve qui est curieusement assez d’actualité quand on réfléchit à la réponse de l’humanité en temps de crise proposé dans le film. Ponyo sur la falaise réalisé par Hayao Miyazaki est vraiment un bon film pour se changer les idées et reconnecter avec l’enfant en soi qui a juste envie de faire des cabanes de couvertures quand il y a une panne d’électricité.

La série télé qu’on regarde:

C’est pas super original mais, The Office… pour la cinquième fois. C’est rendu un problème haha.

L’album qu’on écoute:

Je me suis replongé dans l’univers de Air dernièrement avec leur album Talkie Walkie sorti en 2004, un petit bijou selon moi.

Le balado qu’on écoute:

Les pires moments de l’histoire avec Charles Beauchesne. C’est comme une compilation des pires trucs que les humains se sont fait subir entre eux, de personnages sadiques et de périodes de l’humanité assez décâlissantes, merci. Tout ça expliqué avec brio par l’humoriste Charles Beauchesne. Ça fait réfléchir pas pire quand tu vois les gens capoter parce qu’il n’y a plus de Kraft Dinner à l’épicerie alors qu’à d’autres époques on pouvait vous passer un bout de bois pointu par les founes, au travers le corps, jusque dans yeule pour pas grand-chose.

L’artiste qu’on a découvert:

Le P’tit Belliveau, je l’aime. C’est dope raide. Lui pis sa gang sont fins jusque dans les os. C’est tellement rafraîchissant à écouter, ce mix de bluegrass super deep avec des beats de Casio cheap à fond. Mais surtout, c’est un super mélodiste et un parolier très intelligent.

Son album, qui sort le 27 mars, est vraiment pas piqué des vers, même si je comprends pas tout le temps. By the way, c’est la même team qui a travaillé sur cet album-là que sur notre premier album: Samuel Gemme, du Gamma Recording Studio et Emmanuel Ethier.

Le livre qu’on lit: 

Je viens d’acheter How Music Works de David Byrne, le chanteur de Talking Heads, un band qu’on adore. C’est un créateur vraiment all over the place, extrêmement brillant, créatif et très intéressant. Il y parle autant de ses techniques de composition que du marketing dans la musique en passant par ses réflexions sur la performance scénique.

BONNE QUARANTAINE TOUT LE MONDE! xxx

Suivez Choses Sauvages sur Facebook et Instagram.