Le journal de quarantaine de Peter Peter

«Chaque geste que l’on fait est pour la grande collectivité, voire la globalité. C’est rare de voir une solidarité à si grande échelle.» Peter Peter trouve inspirante l’entraide qui émerge de la crise. Basé à Paris, il passe ses journées avec son amoureuse à lire, écrire et composer de la musique.

Photo par Cassandra Jetten

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Comment gères-tu la quarantaine?

Ça va. Je suis resté à Paris. Je fais de la musique, j’écris, lis, me divertis et passe du temps avec mon amoureuse. On joue même à des jeux de société. Le matin, on prend le café sur le balcon. Le temps passe.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir? 

Le ciel bleu, le printemps qui commence.

Le monde ne s’est pas écroulé; simplement ralenti. Évidemment, c’est l’hécatombe, mais les mesures ont été prises. Il faut être patient.

C’est inspirant l’immense mobilisation que cela occasionne. Chaque geste que l’on fait est pour la grande collectivité, voire la globalité. C’est rare de voir une solidarité à si grande échelle.

Il y a des gens qui se sacrifient tous les jours pour endiguer l’épidémie. Des gens qui sortent travailler pour que les choses roulent et que l’on ait ce dont on a besoin.

Ma mère Claudette travaille à Montréal pour le service de santé, et continue de s’y rendre le matin comme avant. Elle et ces gens incarnent pour moi cet espoir.

Le film que je regarde: En toute honnêteté, j’ai rien regardé niveau cinéma depuis des semaines. Le film que je veux regarder depuis un moment est The Lighthouse de Roger Eggers, réalisateur de The Witch. Le trailer est complètement fou. Je vais le regarder dans les prochains jours.

Le dernier vrai bon film que j’ai vu ai cinéma avant le confinement était Le Lac aux oies sauvages de Diao Yi’nan. Un thriller chinois incroyable.

La série télé que je regarde: J’ai regardé la première de Beef House. C’est le nouveau show de Tim and Eric sur Adult Swim. C’est vraiment le genre de truc qui me fait rire et ça me fait du bien. Déjà hâte à dimanche prochain. C’est malade.

Sinon je regarde beaucoup de documentaires sur ARTE. Il y a toujours du nouveau contenu et c’est très pertinent. Je regarde entre autres les nouvelles capsules de Tu mourras moins bête. Des épisodes de 2 minutes sur les phénomènes qui nous entourent.

L’album que j’écoute: J’écoute Lure et les autres albums de Jogging House. C’est de la musique ambiante électronique très détente et qui se passe surtout dans les textures. Loin de la formule couplet refrain. C’est ce que j’ai besoin en ce moment.

Le balado que j’écoute: J’écoute Répliques l’émission d’Alain Finkielkraut sur l’appli de France Culture. Toujours de bonnes discussions sur des sujets d’ordre culturel, sociétal et philosophique.

L’artiste que j’ai découvert: Blankfor.ms. Assez ambiant comme Jogging House. Piano lo-fi, tape cassette, sound design. C’est cool.

Le livre que je lis: Au début de la quarantaine, je lisais La Tache de Philippe Roth. C’est un auteur que j’aime beaucoup et ce roman ne fait pas exception. Une puissante réflexion à la fois sur les origines et sur les polémiques au temps du politically correct. Un roman de 2000 très d’actualité 20 ans plus tard.

Je viens de terminer le dernier roman de Leïla Slimani, Le pays des autres. C’est touchant. Ça se situe au Maroc pendant le protectorat français et la fin de celui-ci.

Là, j’ai commencé un Arto Paasilinna. Un roman qui a atterri chez moi par hasard alors que j’achetais justement un lot de livres de Roth à quelqu’un sur l’équivalent français de Kijiji. Parmi la collection le Paasilinna se trouvait là comme ça tout seul. C’était juste avant que la réclusion commence. Le cantique de l’apocalypse joyeuse. Le titre interpelle non ? En tout cas bon timing.

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