Le P’tit Belliveau, celui qui voulait faire du country 

L’album Greatest Hits vol. 1 du P’tit Belliveau est arrivé dans nos vies comme le printemps. Weird, difficile à définir et surtout, à prendre avec une dose de sagesse et d’humour. 

Photo par Alex Blouin et Jodi Heartz

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On l’imagine bien calé sur son matelas dans son salon, comme sur la photo qui accompagne son journal de quarantaine. Pas du tout stressé à l’idée de livrer ce qu’on pourrait décrire comme un sympathique ovni musical. Sur cet album paru sur l’étiquette Bonsound, on parle autant d’impôts que d’animaux, de nouveaux sneakers que de moments entre amis, avec en trame sonore, un banjo qui règne en maître. «Dans ma tête, c’est comme half-country, half-pop avec une vibe tape lo-fi. C’est pas mal comme ça que je le décris», nous dit Jonah Richard Guimond, alias le P’tit Belliveau vendredi dernier au téléphone. 

Disons que l’apprentissage musical du natif de Baie-Ste-Marie en Nouvelle-Écosse a connu plusieurs phases. Il y a eu tout d’abord des cours de piano dans son enfance où il faisait semblant de lire la musique: «Je watchais ma prof de piano super attentivement et je rejouais par mémoire. Après trois ans, c’était rendu trop complexe, j’ai pleuré à ma mère et j’ai quitté.» Ado, il a découvert la guitare en apprenant sur l’instrument de son grand-père trouvé dans un garde-robe, «j’ai essayé d’apprendre whatever qui était cool, comme Rage Against The Machine, Smashing Pumpkin.» Vers 16 ans, il s’est intéressé à la production de samples hip hop avec des synthétiseurs. C’est sous le nom de Jonah Meltwave que le multi-instrumentiste a fait connaître son travail de producer au sein de la scène rap acadienne.

On sent bien que ces différentes phases musicales ont influencé son projet actuel. «On l’entend que je m’intéresse à beaucoup de styles. Et dans le passé, je me disais que chaque projet avait son style, mais avec cet album, j’ai arrêté de me dire ça. J’ai juste fait les chansons que je voulais faire», souligne-t-il, même si pour lui, ça reste à la base de la musique country. Peu importe ce que les puristes en pensent. On reconnaît bien les thèmes chers au style: le travail, la famille, les amis, les plaisirs simples, la nature.  

Enregistré au Studio Gamma à Montréal avec Emmanuel Éthier et Samuel Gemme, l’album s’est pratiquement matérialisé à la vitesse de l’éclair. Le P’tit Belliveau avait peaufiné ses chansons au point de les rendre presque parfaites: «Mes trois EP que j’ai faits avant, je les avais faits DIY tout seul chez nous sur mon ordi. Arrivé au studio, j’avais essentiellement des tounes complètes. Mes démos, c’était tous les instruments que je voulais, la vibe que je voulais était déjà-là.» Les tracks de synthés et de drums sont restées les mêmes. L’Acadien a enregistré les voix et les autres instruments. Pour un gars habitué de bosser en solo, ce travail en studio a quand même été curieux. «J’avais une équipe qui a rendu ça plus beau et plus intéressant, mais c’est sûr que c’était weird pour moi. C’est la première fois que j’ai une expérience comme ça.» 

Même si plusieurs pièces de l’album sont franchement drôles comme Income Taxes et Cool When Yer Old, c’est la plus sérieuse qui rend le countryman le plus fier. L’eau entre mes doigts, qui clôture l’opus, a été écrite lors d’un camp d’écriture en marge du Festival de la Chanson de Tadoussac. Entouré de «capital A artists», le parolier a voulu s’éloigner de ses habitudes. «Ça m’a donné le défi d’écrire une toune plus sérieuse, plus poétique. C’est à ce moment que j’ai écrit L’eau entre mes doigts, et je suis vraiment fier de celle-là parce qu’elle est différente des autres tounes que j’ai écrites dans le passé. Musically, ça a bien turned out.» Au passage, il précise qu’il met énormément de travail dans ses textes, même s’ils sont considérés comme humoristiques. 

Au-delà de la musique qui impressionne par son éclectisme, il y a le vocabulaire bilingue, coloré, et plein de mystère. Au point où l’artiste a décidé de fournir un glossaire pour aider ses fans à comprendre toutes les paroles. «Le glossaire acadien, qui est dans le liner de l’album, me sauve de répondre à des questions tout le temps! Je recevais beaucoup de messages de gens, alors j’ai pensé répondre avec les plus obvious tout de suite.» 

Les vidéos de ses chansons mises en ligne sur YouTube aident aussi!

À défaut de pouvoir lancer son album devant public, le P’tit Belliveau diffusera une perfo live en direct de chez lui sur Facebook, le 1er avril à 17h. 

Greatest Hits vol. 1 paru sur l’étiquette Bonsound est disponible partout. 

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